Rouler sous de fortes chaleurs n’a rien d’anodin. Entre déshydratation, baisse de vigilance, habitacle surchauffé et mécanique mise à l’épreuve, la canicule fragilise autant le conducteur que son véhicule. Quelques précautions simples permettent pourtant de limiter les risques. Tour d’horizon des bons réflexes à adopter pour prendre la route sereinement quand le thermomètre s’affole.

La chaleur, première menace pour la vigilance

La hausse des températures agit directement sur l’état du conducteur : elle accélère la fatigue et réduit la concentration. Selon Sophy Sainten, déléguée générale de la Prévention Routière, les premiers symptômes ne doivent jamais être négligés. Plusieurs signes doivent alerter :

  • des maux de tête ou une sensation de tête lourde ;
  • une fatigue inhabituelle ou de la somnolence ;
  • une sensation de faiblesse, voire des vertiges ;
  • une baisse des réflexes et de la concentration.

Dès l’apparition de ces signaux, le bon réflexe consiste à s’arrêter sans attendre. Sur un long trajet, un simple coup de fatigue peut suffire à provoquer un accident.

Boire régulièrement et multiplier les pauses

L’hydratation reste la priorité absolue. Mieux vaut emporter de l’eau en quantité suffisante, pour le conducteur comme pour les passagers, et boire régulièrement sans attendre la sensation de soif. La règle d’une pause toutes les deux heures s’applique toujours, mais elle gagne à être assouplie par forte chaleur. Rien n’empêche de s’arrêter plus souvent : le trajet fait partie du voyage, autant le faire à son rythme.

Rouler aux heures les plus fraîches, sans sacrifier le repos

Pour limiter l’exposition à la chaleur, mieux vaut privilégier le début de matinée ou la fin de journée. Une précaution toutefois : ces créneaux ne doivent pas se faire au détriment du sommeil. Partir reposé reste essentiel, et échanger la chaleur contre la fatigue serait un bien mauvais calcul. Préparer son itinéraire à l’avance permet aussi de repérer les aires d’arrêt et les zones ombragées.

Garder un habitacle frais, sans choc thermique

La climatisation est une alliée précieuse, à condition de l’utiliser avec mesure. Pour éviter tout choc thermique, l’écart entre l’extérieur et l’habitacle ne devrait pas dépasser cinq à six degrés. Quelques gestes simples aident à maintenir une température supportable :

  • aérer le véhicule quelques minutes avant de démarrer, pour évacuer l’air brûlant ;
  • suspendre des linges humides aux fenêtres pour rafraîchir l’air naturellement ;
  • installer un pare-soleil sur le pare-brise lors du stationnement ;
  • se garer autant que possible à l’ombre.

En cas de panne de climatisation, ces alternatives deviennent vite indispensables pour ne pas transformer l’habitacle en fournaise.

La mécanique souffre aussi de la canicule

Les fortes températures n’épargnent pas le véhicule. Plusieurs organes sont mis à rude épreuve et méritent un contrôle avant un long trajet estival :

  • la batterie, dont la durée de vie diminue avec la chaleur ;
  • la pression et l’état des pneumatiques, sensibles aux températures élevées ;
  • le niveau de liquide de refroidissement, essentiel pour éviter la surchauffe moteur ;
  • le bon fonctionnement de la climatisation.

Une vérification rapide de ces éléments limite fortement le risque de panne sur la route. Les véhicules électriques sont particulièrement concernés : la chaleur affecte directement leur batterie.

Ne jamais laisser un enfant ou un animal dans une voiture à l’arrêt

C’est sans doute le point le plus important. Quelques minutes suffisent pour transformer un habitacle en piège mortel. Par 26 °C à l’extérieur, la température intérieure peut grimper à 36 °C, voire davantage. Les enfants, particulièrement vulnérables à l’hyperthermie, en sont les premières victimes.

La même vigilance s’impose pour les animaux : un chien ou un chat laissé seul dans une voiture, même brièvement et vitres entrouvertes, encourt un danger grave. En cas de doute sur un enfant ou un animal enfermé, il ne faut pas hésiter à alerter les secours.