ADAS : pourquoi tant de conducteurs coupent les aides à la conduite
Régulateur adaptatif, maintien dans la voie, freinage d'urgence… les voitures neuves débordent d'aides à la conduite. Sur le papier, tout le monde y gagne en sécurité. Dans la vraie vie, une bonne partie de ces systèmes finit désactivée avant même d'avoir servi.
Une enquête menée outre-Manche auprès de 1 350 automobilistes met des chiffres sur ce que beaucoup d'entre nous soupçonnaient déjà : les ADAS, ces fameux Advanced Driver Assistance Systems, sont mal aimés, mal compris, et souvent jugés trop intrusifs.
Le régulateur adaptatif, premier des mal-aimés
Le résultat qui saute aux yeux concerne le régulateur de vitesse adaptatif, celui qui ajuste tout seul l'allure en fonction du véhicule qui précède. Près de 26 % des conducteurs interrogés ne s'en servent jamais. Sur ces réfractaires, environ 7 % avouent tout simplement ne pas savoir comment l'activer. Le bouton reste là, sur le volant, ignoré.
Même sort pour le maintien dans la voie : 18 % le laissent débranché. Le freinage d'urgence automatique, vendu comme le filet de sécurité ultime, est coupé par 21,3 % des sondés. La raison revient comme un refrain : les systèmes réagissent trop brutalement, freinent quand il ne faut pas, corrigent la trajectoire au mauvais moment. Bref, ils inquiètent plus qu'ils ne rassurent.
La commande vocale et la réalité augmentée boudées
Les interfaces plus récentes ne s'en sortent pas mieux. La reconnaissance vocale reste au placard chez 17,8 % des conducteurs. L'affichage tête haute en réalité augmentée, celui qui projette des flèches de navigation sur le pare-brise, est ignoré par 17,1 % des personnes qui l'ont pourtant dans leur voiture. Seuls 22,4 % l'utilisent au quotidien, et 7 % avouent ne pas comprendre comment ça marche.
Côté confort, même logique. Les sièges à massage ? Utilisés par 22 % des conducteurs qui en disposent. Le démarrage automatique du moteur ? 24,4 %. Ces équipements se retrouvent surtout sur les modèles haut de gamme, et même quand ils sont installés, ils dorment la plupart du temps.
Les modes de conduite (Eco, Sport, Confort…) subissent le même désamour : 27,3 % des automobilistes seulement en changent, alors qu'ils équipent presque toutes les voitures neuves. Petite surprise, ce sont les jeunes conducteurs qui jouent le plus avec ces réglages.
Ce qui marche vraiment au quotidien
Tout n'est pas à jeter, loin de là. Quelques fonctions sont plébiscitées, presque unanimement. Le Bluetooth pour connecter son smartphone, le GPS intégré, la caméra de recul et le pare-brise dégivrant tirent leur épingle du jeu. Le point commun ? Ce sont des outils simples, dont l'utilité est évidente en trois secondes, et qui ne prennent jamais la main sur la conduite.
À l'inverse, plus un système intervient sur la trajectoire ou la vitesse, plus il crispe. On peut le comprendre : quand la voiture donne un coup de volant pour vous ramener dans votre voie alors que vous évitez un nid-de-poule, la confiance en prend un coup.
Faut-il tout garder à bord ?
La question du surcoût revient forcément. Une voiture neuve gonflée d'ADAS coûte plus cher qu'un modèle dépouillé, et si les trois quarts des acheteurs coupent la moitié des fonctions, on peut se demander à quoi bon les payer. Sauf que la réglementation européenne impose désormais plusieurs de ces aides sur les véhicules neufs : freinage d'urgence, alerte de franchissement de ligne, aide à la vigilance… impossible de les retirer du catalogue.
Restent les équipements optionnels de confort, ceux qu'on peut cocher ou non au moment de la commande. Là, un peu d'honnêteté avec soi-même fait économiser plusieurs centaines d'euros. Avant de valider un devis, testez pendant l'essai routier chaque option chère (affichage tête haute, sièges massants, modes de conduite avancés) et posez-vous la vraie question : est-ce que vous l'utiliserez encore au bout de trois mois ? Si le doute s'installe, décochez.
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