Micro-voitures : le parc bondit de 80 %, l'alerte sécurité monte

T Par Thibaut ·
Micro-voitures : le parc bondit de 80 %, l'alerte sécurité monte
Image non contractuelle, générée par IA

On les croise de plus en plus souvent en centre-ville : ces mini-voitures accessibles dès 15 ans, plafonnées à 45 km/h, souvent électriques. Outre-Rhin, leur parc a explosé de près de 80 % en trois ans. Et les assureurs allemands tirent la sonnette d'alarme sur un point qui concerne aussi les familles françaises : la sécurité des passagers.

Un segment qui sort de la confidentialité

Fin 2025, environ 46 000 micro-voitures étaient couvertes par une assurance responsabilité civile en Allemagne. Elles n'étaient que 26 000 en 2022. Rien que sur les douze derniers mois, 8 000 véhicules supplémentaires sont venus grossir le parc. La progression reste spectaculaire, même si l'on parle d'une niche à côté des 50 millions de voitures particulières immatriculées outre-Rhin.

Derrière l'étiquette « micro-car », on retrouve des engins bien connus des amateurs de mobilité urbaine : l'Opel Rocks-e, le Microlino Lite bridé à 45 km/h, mais aussi des quadricycles thermiques signés Aixam ou Ligier, qu'on voit rouler depuis longtemps sur les routes françaises. Ces véhicules échappent aux statistiques d'immatriculation classiques puisqu'ils ne relèvent pas de la carte grise habituelle. Le compteur des assureurs, lui, permet de mesurer la tendance.

Un permis à 15 ans, une carrosserie qui reste légère

Le succès de la catégorie tient à un point de règlement simple. Ces voitures rentrent dans la classe L6e-B : moteur bridé à 6 kW, vitesse maxi de 45 km/h, poids plafonné à 425 kg hors batterie. En Allemagne, elles se conduisent dès 15 ans avec le permis AM, l'équivalent du permis cyclomoteur. En France, on peut passer l'AM dès 14 ans et l'usage est très proche : un ado peut prendre le volant d'une Aixam ou d'une Ligier pour aller au lycée.

C'est justement ce profil de conducteur qui inquiète les assureurs. Anja Käfer-Rohrbach, directrice générale adjointe de la fédération allemande des assureurs (GDV), le résume ainsi : ces voitures ne doivent pas devenir un piège pour leurs occupants, en particulier pour les jeunes qui les utilisent comme alternative au bus ou au taxi parental.

Autant de sinistres qu'une voiture classique

Le chiffre qui interpelle est le suivant : en 2025, les assureurs allemands ont enregistré environ 2 300 déclarations de sinistres responsabilité civile impliquant des micro-voitures. Soit 50 sinistres pour 1 000 véhicules assurés, un ratio quasi identique à celui des voitures classiques. Sauf que les voitures classiques roulent bien plus vite et parcourent beaucoup plus de kilomètres. À usage comparable, les micro-cars accrochent donc davantage.

Le problème, c'est ce qu'il reste comme protection quand la carrosserie encaisse. Sur un L6e-B, ni airbag, ni ESP (le contrôle électronique de trajectoire), ni freinage d'urgence automatique ne sont imposés par la réglementation. La structure elle-même n'a pas les zones de déformation d'une citadine homologuée. Les assureurs allemands estiment que les occupants s'exposent à un risque nettement supérieur de blessures graves ou mortelles en cas de choc.

La limite des 425 kg en question

Le GDV pointe un paradoxe européen. Le plafond de 425 kg, fixé au niveau communautaire, empêche techniquement d'ajouter airbags, renforts et aides à la conduite sans faire sortir le véhicule de sa catégorie. La fédération demande donc à Bruxelles un peu de marge sur ce poids réglementaire, et des exigences de sécurité qui se rapprochent de celles des voitures particulières.

L'argument inverse n'est pas nouveau : plus une voiture est lourde, plus elle fait de dégâts quand elle percute quelqu'un. Or on parle de véhicules potentiellement conduits par des ados de 14 ou 15 ans. Trouver le bon curseur ne sera pas simple.

Si vous envisagez ce type de véhicule pour un adolescent de la famille, prenez le temps de comparer les équipements de série : certaines Aixam récentes proposent l'ABS ou un airbag conducteur en option. Regardez aussi les crash-tests que quelques organismes indépendants publient sur les quadricycles. Ce n'est pas parce que la loi n'exige rien qu'il faut se contenter du minimum.

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