Suzuki e Sky : la mini électrique japonaise qui mise sur la légèreté

T Par Thibaut ·
Suzuki e Sky : la mini électrique japonaise qui mise sur la légèreté
Image non contractuelle, générée par IA

Pendant que certains constructeurs américains empilent les kilos et les kilowattheures, Suzuki prend le contre-pied avec le e Sky, sa première kei-car 100 % électrique. Une puce de 3,40 m, une batterie volontairement modeste et un poids plume : le pari est clair, l'efficacité plutôt que la surenchère.

Une kei-car pensée pour la ville, pas pour l'autoroute

Le e Sky respecte le cahier des charges très strict imposé par la réglementation kei japonaise : 3 395 mm de long, 1 475 mm de large et 1 625 mm de haut. Pour donner un ordre de grandeur, on est sur une auto plus courte qu'une Fiat 500 et à peine plus large qu'une Twizy. L'empattement, lui, atteint 2 460 mm, ce qui laisse un peu d'air aux passagers malgré la carrosserie ramassée.

Sur la balance, le prototype affiche 1 030 kg. C'est très peu pour une électrique, même minuscule : une Renault 5 E-Tech pèse environ 500 kg de plus. Ce régime sec, Suzuki l'obtient en soignant les proportions, mais aussi en refusant d'embarquer une grosse batterie. Le rayon de braquage annoncé de 4,4 m devrait faire des merveilles dans les ruelles de Tokyo ou d'Osaka.

26 kWh seulement, et c'est assumé

La batterie fait 26 kWh, en chimie lithium-fer-phosphate (LFP), une techno moins dense mais plus robuste et moins chère. Un chiffre qui ferait sourire n'importe quel acheteur de Model Y, mais qui prend tout son sens quand on regarde la consommation revendiquée : 97 Wh/km. À ce régime, l'autonomie estimée grimpe à 310 km. De quoi couvrir les trajets domicile-travail et les courses du samedi qui constituent le quotidien d'une kei-car.

Suzuki a ajouté ce qu'il faut pour préserver l'autonomie par temps froid, avec une pompe à chaleur, une conduite à une pédale et la charge bidirectionnelle. Pratique pour transformer la voiture en batterie d'appoint à la maison, un usage qui parle particulièrement au marché japonais après les épisodes de coupures liés aux typhons.

Recharge : rien de spectaculaire, mais cohérent

Côté prise, on reste dans une logique de kei-car urbaine. En courant continu, le e Sky accepte jusqu'à 50 kW, ce qui permet d'atteindre 80 % en 25 minutes environ. En courant alternatif, comptez huit heures sur une wallbox de 3 kW ou quatre heures et demie sur une prise 6 kW. Pas de charge rapide 150 kW ni de fioritures : la voiture est faite pour dormir branchée à la maison, pas pour avaler des trajets Paris-Marseille.

Détail qui a son importance : le e Sky n'est pas la conversion électrique d'un modèle thermique existant. Suzuki a conçu la plateforme spécifiquement pour l'électrique, avec transmission aux seules roues avant, là où certains rivaux comme le Mitsubishi eK X proposent une transmission intégrale.

Un habitacle minimaliste mais malin

À bord, on retrouve l'esprit japonais du "juste ce qu'il faut". Deux écrans, dont un tactile de 10,1 pouces, un combiné numérique derrière le volant, et surtout de vraies commandes physiques pour la clim et les fonctions courantes. Le volant chauffant et le frein de parking électrique sont de la partie.

Suzuki a soigné le rangement, avec une console centrale à deux niveaux et une planche de bord côté passager qui fait office d'étagère, porte-gobelet intégré compris. Rien de tape-à-l'œil, mais une exploitation intelligente de chaque centimètre.

Un modèle qui restera japonais

Le e Sky arrive à l'automne au Japon, où il affrontera le Nissan Sakura, le Honda N-One e:, le Mitsubishi eK X et même le nouveau BYD Racco, signe que les Chinois s'invitent désormais dans le pré carré des kei-cars. Les prix et la fiche technique définitive seront dévoilés plus près du lancement.

Mauvaise nouvelle pour nous : le format kei-car est calibré pour la fiscalité japonaise et le e Sky ne devrait pas traverser l'Eurasie. Dommage, car à moins de 3,40 m et un peu plus d'une tonne, il aurait eu de quoi bousculer une Dacia Spring vieillissante. En attendant, on peut déjà comparer les mini-citadines électriques disponibles en France — Spring, Leapmotor T03, future Renault Twingo — et jeter un œil au bonus écologique 2025, dont les plafonds bougent régulièrement, avant de signer un bon de commande.

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