L’excès de vitesse est l’infraction routière la plus courante en France, et la première cause de mortalité sur les routes. Du petit dépassement au grand excès, les sanctions varient fortement, et la réglementation a connu un tournant majeur fin 2025. Barème, points, suspension de permis, nouveau délit : on fait le point.

Excès de vitesse : le barème des sanctions

Les sanctions dépendent directement de l’ampleur du dépassement, selon l’article R413-14 du Code de la route. Plus on s’éloigne de la limite autorisée, plus l’amende et le retrait de points sont lourds.

Dépassement de la limitePoints retirésAmende
Moins de 5 km/h0 (depuis 2024)68 à 135 €
5 à 19 km/h168 € (hors agglo) / 135 € (agglo)
20 à 29 km/h2135 €
30 à 39 km/h3135 €
40 à 49 km/h4135 €
50 km/h et plus6300 € (jusqu’à 3 750 €) — délit

À noter : depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, un dépassement de moins de 5 km/h n’entraîne plus de retrait de point, mais l’amende reste due. Le montant est minoré en cas de paiement rapide, majoré en cas de retard.

Grand excès de vitesse : désormais un délit

C’est le grand changement de ces derniers mois. Depuis le 29 décembre 2025, dépasser la limite de 50 km/h ou plus n’est plus une simple contravention : c’est un délit pénal, dès la première infraction. Auparavant, il fallait être en récidive pour basculer dans le délit.

Concrètement, le conducteur risque jusqu’à 3 mois de prison, 3 750 € d’amende et une inscription au casier judiciaire. Le parquet peut proposer une amende forfaitaire délictuelle de 300 € (250 € en cas de paiement rapide, 600 € en cas de retard), qui évite le tribunal mais pas le casier ni la perte de six points.

À ces peines peuvent s’ajouter des sanctions complémentaires : confiscation du véhicule, interdiction de conduire certains véhicules, ou obligation de suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière.

Permis : rétention, suspension et annulation

Au-delà de l’amende, un excès important peut coûter le permis. La suspension judiciaire est possible dès 30 km/h de dépassement, et la rétention immédiate du permis (72 heures) intervient dès 40 km/h, lors d’un contrôle routier.

Pour les grands excès relevant désormais du délit, le tribunal peut aller plus loin et prononcer l’annulation du permis, assortie d’une interdiction de le repasser pendant une durée pouvant atteindre trois ans.

Excès de vitesse et permis probatoire

Les jeunes conducteurs sont les plus exposés. Pendant la première année de permis probatoire, le capital n’est que de six points. Un grand excès, qui en retire six d’un coup, entraîne donc l’invalidation immédiate du permis, avec l’obligation de repasser les épreuves.

Récidive et lien avec l’homicide routier

En cas de récidive d’un grand excès dans un délai de cinq ans, les peines sont doublées : jusqu’à 6 mois de prison et 7 500 € d’amende. La confiscation du véhicule peut alors devenir obligatoire.

La vitesse pèse aussi lourd en cas d’accident. Un excès d’au moins 30 km/h figure parmi les circonstances qui transforment un accident mortel en homicide routier, le délit créé par la loi du 9 juillet 2025.

Ce qu’il faut retenir

L’excès de vitesse n’a rien d’anodin : de quelques euros d’amende à plusieurs années sans permis, l’addition grimpe vite. Et depuis fin 2025, les plus gros dépassements relèvent du tribunal correctionnel. La meilleure parade reste d’adapter son allure, d’autant que les radars — fixes, mobiles ou embarqués — se multiplient.

Les questions fréquentes

De 68 à 135 € pour les excès courants, et jusqu'à 3 750 € pour un grand excès (50 km/h et plus) jugé au tribunal.
Depuis le 29 décembre 2025, dès 50 km/h au-dessus de la limite autorisée, et ce dès la première infraction.
De 1 point pour un petit excès à 6 points pour un dépassement de 50 km/h ou plus. En dessous de 5 km/h, aucun point n'est retiré depuis 2024.