Un assureur néerlandais ferme la porte à plusieurs marques chinoises

T Par Thibaut ·
Un assureur néerlandais ferme la porte à plusieurs marques chinoises
Image non contractuelle, générée par IA

Aux Pays-Bas, la compagnie Univé vient de prendre une décision qui va faire parler dans les concessions. Elle refuse d'assurer toute une liste de voitures venues de Chine, et quelques autres marques peu implantées en Europe. Rien d'idéologique là-dedans : c'est une question de facture et de délai de réparation.

Qui est concerné par ce refus

La liste noire d'Univé est longue. On y retrouve des noms qui commencent à circuler sur nos routes, comme Jaecoo, Omoda et Leapmotor, mais aussi des constructeurs encore très discrets de ce côté-ci du continent : Hongqi, Changan, Voyah, MHero. KGM, l'ex-SsangYong, est également recalée.

Un deuxième cercle existe, un peu moins strict. Pour Dongfeng, Firefly, Zeekr, Nio et Lucid, l'assureur accepte encore de signer, mais uniquement en responsabilité civile, l'équivalent de notre bonne vieille formule au tiers. Autrement dit, pas de prise en charge des dégâts sur votre propre voiture en cas de pépin.

Le vrai problème : réparer coûte cher et prend du temps

Pourquoi un tel tri ? Univé pointe deux choses très concrètes. D'abord, le coût des réparations grimpe partout, pas seulement pour les marques chinoises. Capteurs ADAS à recalibrer (les aides à la conduite type freinage d'urgence), pare-brise instrumentés, batteries haute tension, ailes en aluminium : la moindre tôle froissée se chiffre vite à plusieurs milliers d'euros. Les assureurs répercutent, les primes montent, et les automobilistes râlent.

Deuxième souci, et c'est là que le bât blesse pour les nouveaux venus : les délais d'immobilisation s'allongent. Quand une pièce met six semaines à arriver depuis Shanghai parce que le réseau de distribution n'est pas rodé, c'est l'assureur qui paie le véhicule de remplacement. Multipliez ça par quelques milliers de sinistres par an et le modèle économique craque.

Univé a d'ailleurs précisé que la porte n'est pas fermée à double tour. Dès que les marques concernées muscleront leur service après-vente, les contrats pourront reprendre. C'est un signal, pas une sanction définitive.

Le vrai défi des nouveaux arrivants : le SAV

Cette affaire met le doigt sur un angle mort du débat autour des voitures chinoises. On parle beaucoup de prix, d'équipements, d'autonomie, de bonus écologique. On parle rarement de la pièce détachée disponible sous 48 heures, du technicien formé à démonter une batterie de Leapmotor T03, du carrossier qui sait recalibrer la caméra d'une Omoda 5.

Vendre une voiture, c'est signer pour dix ans de maintenance derrière. Il faut un stock de pièces en Europe, des centres de formation, des contrats avec des réseaux de carrosserie agréés. Tout cela ne se monte pas en six mois. Les constructeurs historiques ont mis des décennies à bâtir ces réseaux, et même eux galèrent aujourd'hui sur certaines pièces électroniques.

Ce que ça change pour un acheteur français

En France, aucun assureur n'a pour l'instant publié de liste similaire. Mais le signal envoyé par les Pays-Bas mérite qu'on s'y attarde avant de signer un bon de commande pour une marque toute neuve sur le marché. Avant de craquer pour une chinoise à prix plancher, deux réflexes utiles : demander à son assureur un devis précis sur le modèle visé, tous risques inclus, et se renseigner sur le nombre d'ateliers agréés par la marque dans sa région. Si le concessionnaire le plus proche est à 150 km et qu'il n'y a qu'un seul carrossier référencé dans le département, posez-vous la question du coût total sur cinq ans. Le prix d'achat n'est qu'une partie de l'équation.

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