Autopartage en Bretagne : la Renault Zoé à 10 € par an fait des émules

M Par Marion ·
Autopartage en Bretagne : la Renault Zoé à 10 € par an fait des émules
Image non contractuelle, générée par IA

Dix euros par an pour accéder à une voiture électrique quand on en a besoin : c'est le tarif pratiqué depuis quatre ans à Plœuc-L'Hermitage, un bourg des Côtes-d'Armor. Le dispositif intrigue aujourd'hui les acteurs associatifs du pays de Loudéac, qui aimeraient le dupliquer sur toute leur intercommunalité.

Trois Zoé partagées dans un bourg breton

Le service s'appelle Tartout'Go. Il a été lancé en 2022 par la mairie de Plœuc-L'Hermitage avec Clem', un opérateur spécialisé dans l'autopartage rural. Son parc tient sur un parking : trois Renault Zoé électriques, garées sur des emplacements fléchés, réservables via une plateforme en ligne.

Le fonctionnement est simple. On s'inscrit, on dépose une caution de 350 €, puis on réserve son créneau. L'ouverture de la voiture se fait avec l'application, et le véhicule revient à sa place à la fin du trajet. Le réseau Clem' couvre déjà environ 200 communes françaises, à partir de 100 habitants seulement — un seuil qui change la donne pour les territoires peu denses, souvent oubliés des services de mobilité partagée.

Un tarif qui n'a rien à voir avec une location classique

Côté portefeuille, le modèle est franchement agressif. L'abonnement coûte 10 € pour l'année. Chaque réservation est facturée 1 €, puis l'usage revient à 1,50 € de l'heure, électricité comprise. À ces conditions, un aller-retour chez le médecin ou une tournée de courses coûte à peine le prix d'un café. Toute personne de passage disposant d'un permis valide peut utiliser le service, touristes inclus.

Les usages décrits par la mairie dessinent une mobilité du quotidien, pas de longues escapades. "Des parents peuvent ainsi accompagner leurs enfants à l'école. D'autres utilisent cette voiture lorsque la leur est au garage", détaille Justine Marteil, chargée de mission à Plœuc-L'Hermitage. Les seniors s'en servent pour un rendez-vous médical, le coiffeur, le marché. Quelques habitants ont même renoncé à leur propre voiture, en se disant qu'un budget auto en moins, c'était toujours ça de pris.

Loudéac Communauté veut passer à l'échelle

Le 3 août 2026, une poignée d'acteurs locaux se sont retrouvés à l'Hôtel des Voyageurs de Loudéac pour boucler un dossier commun. Autour de la table : Dominique Dutertre, qui préside l'association "A Vélo sans Age", M'Baye Dione, Gildas Adelis (Anima'Trévé) et Michel Mihami, infirmier retraité engagé à la Maison Sport Santé. Leur objectif : convaincre les élus de Loudéac Communauté Bretagne Centre d'étendre le modèle de Plœuc à toute l'intercommunalité.

Leur argument tient en une phrase : en Centre Bretagne, ne pas avoir de voiture équivaut souvent à une forme d'assignation à résidence, et beaucoup de ménages financent une deuxième auto qu'ils utilisent peu. "Ce projet, s'il est étendu à notre territoire, répondrait véritablement à la problématique de la mobilité en Centre Bretagne en y incluant la transition écologique. Cela pourrait même inciter les citoyens à se séparer de leur deuxième véhicule", avance Dominique Dutertre. Gildas Adelis, qui organise depuis trois ans un événement local autour de la mobilité, défend la même ligne : offrir aux habitants un plan B quand la voiture familiale est au garage ou déjà prise.

Un modèle transposable ailleurs qu'en Bretagne ?

Ce qui rend Tartout'Go intéressant, ce n'est pas tant la Zoé que le montage financier. La commune porte le service, l'opérateur gère la technique, les utilisateurs paient un tarif symbolique parce que le coût réel est en partie absorbé par la collectivité. Rien n'empêche, sur le papier, une commune de 2 000 habitants en Mayenne, dans le Cantal ou dans l'Yonne d'étudier le même type de contrat avec Clem' ou un opérateur concurrent.

Pour les habitants du pays de Loudéac, la prochaine étape dépend des maires. Si on habite une petite commune et que l'idée nous parle, le plus efficace reste d'écrire à sa mairie ou de poser la question en conseil municipal : combien d'habitants seraient prêts à s'inscrire, et à quel endroit stationner la ou les voitures. C'est souvent la demande locale, chiffrée, qui débloque les dossiers.

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