Microlino version chinoise : 100 000 unités par an visées dès 2030
La petite voiture électrique suisse aux airs d'Isetta pourrait bientôt sortir d'une usine chinoise. Micro Mobility Systems, la société zurichoise derrière le Microlino, planche sur une déclinaison moins chère produite en Chine à partir de 2030, avec un objectif de 100 000 exemplaires par an. De quoi changer d'échelle, après cinq mille voitures seulement sorties de l'atelier turinois depuis le lancement.
Une déclinaison low-cost pensée pour l'Europe et les États-Unis
Le projet repose sur une nouvelle plateforme et une usine chinoise déjà existante. L'État chinois serait venu de lui-même frapper à la porte de la marque, en proposant d'héberger la production et de cofinancer le développement du modèle. Les volumes visés — 100 000 unités par an — ne sortent pas d'un chapeau marketing : Micro s'appuie sur deux enquêtes menées auprès de 2 500 répondants chacune, en Europe et aux États-Unis, et sur un constat tout bête. Dans la plupart des pays européens, les ménages ont au minimum deux voitures. Le Microlino se verrait bien remplacer la seconde.
À Turin, l'usine Cecomp continuera de produire le Microlino actuel. Oliver Ouboter, cofondateur, le décrit comme la "911" du catalogue : la version patrimoniale, plus artisanale, pendant que la Chine prend en charge le gros des volumes.
Un cofondateur de Tesla rejoint le conseil
Autre annonce sortie en même temps : Martin Eberhard, 66 ans, cofondateur de Tesla, rejoint le comité consultatif de la marque suisse. Il voit dans les petits véhicules électriques l'un des gros virages industriels des années à venir. Le Microlino avait déjà hérité du surnom de "Tesla suisse" grâce à Jochen Rudat, ancien patron Europe de Tesla recruté comme conseiller lors de la relance du projet. L'arrivée d'Eberhard renforce la filiation, au moins symboliquement.
Un petit rappel pour ceux qui découvrent la marque : Wim Ouboter, le fondateur, c'est l'homme derrière la trottinette pliable Micro Scooter de la fin des années 1990, écoulée à dix millions d'exemplaires la première année. Micro vend encore plus de trois millions de trottinettes par an. Le Microlino, lui, est né en 2016 au Salon de Genève, avec jusqu'à 36 000 personnes inscrites sur liste d'attente avant même d'avoir vu rouler le premier exemplaire.
Des tarifs qui expliquent la demande timide
Sur le papier, le Microlino coche beaucoup de cases pour la mobilité urbaine : deux places, un coffre, un toit, et la moitié de l'empreinte au sol d'une citadine quand on le gare en bataille. Dans les faits, les prix freinent. La version Lite, bridée à 45 km/h, démarre autour de 17 100 euros. La version 90 km/h grimpe à 19 250 euros minimum, et le cabriolet Spiaggina dépasse 26 700 euros. Pour un biplace sans permis obligatoire selon les versions, ça fait réfléchir, surtout face à une Dacia Spring ou à une Renault 5 électrique dont les prix se rapprochent dangereusement.
Wim Ouboter met en avant un autre frein : le cadre réglementaire. Le Microlino appartient à la catégorie L7e, celle des quadricycles lourds. Du coup, il passe à côté des bonus, des avantages fiscaux et des crédits CO2 réservés aux voitures particulières. Mais quand il s'agit de payer la taxe suisse à l'importation sur les véhicules électriques, instaurée en 2024, là, "le Microlino redevient soudain une voiture", ironise son fondateur. L'entreprise a saisi le Tribunal administratif fédéral suisse pour contester le refus d'accéder au marché des certificats CO2, s'estimant victime d'une distorsion de concurrence face aux SUV plus lourds.
Ce qu'il faut en retenir si vous lorgnez un biplace urbain
Pour l'instant, rien ne change côté acheteur européen : le Microlino que l'on peut commander reste celui de Turin, au tarif actuel. La version chinoise, plus accessible, n'arrivera pas avant 2030 au mieux, et à condition que le projet aille au bout. Si vous cherchez un petit véhicule électrique pour les trajets du quotidien, le plus utile reste de comparer dès maintenant les quadricycles L7e disponibles (Microlino, Citroën Ami, Mobilize Duo) avec les vraies citadines électriques d'entrée de gamme : les écarts de prix se réduisent, et les aides locales varient énormément d'une région à l'autre. Un passage sur le simulateur d'aides de votre région avant de signer, c'est quelques centaines d'euros potentiellement récupérés.
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