Toyota MR2 : le retour du coupé à moteur central attendu pour 2028

M Par Marion ·
Toyota MR2 : le retour du coupé à moteur central attendu pour 2028
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Le nom MR2 va ressusciter. Toyota prépare le retour de son petit coupé à moteur central pour 2028, aux côtés d'une Celica remise au goût du jour. Derrière ce projet, une ambition claire : transformer la branche sportive GR en marque indépendante, à la manière d'AMG chez Mercedes ou de M chez BMW.

Une marque GR qui prend son autonomie

Longtemps cantonnée aux badges apposés sur des Yaris, Supra et 86 musclées, la division Gazoo Racing s'apprête à voler de ses propres ailes. Elle rejoindra Lexus, Daihatsu et Century dans le portefeuille du groupe japonais. Premiers modèles à porter uniquement l'écusson GR : la supercar GR GT et sa déclinaison GT3 pour la piste, attendues l'année prochaine.

Le catalogue va vite s'étoffer par le bas. Alors que la plupart des constructeurs délaissent le segment des coupés sportifs abordables, Toyota fait le pari inverse. On doit cette obstination à Akio Toyoda, président du conseil et pilote passionné, qui martèle depuis des années son credo : plus de voitures ennuyeuses.

Tomoya Takahashi, patron du sport automobile chez Toyota, résume le changement de cap : dans les années 2000, l'entreprise ne fabriquait que des voitures rentables, et les modèles à moteur central sont passés à la trappe faute de volumes. Selon lui, l'ancien Toyota aurait balayé ce projet d'un revers de main.

Un quatre cylindres 2.0 qui vise 600 ch

Sous le capot, ou plutôt derrière l'habitacle, on devrait retrouver un tout nouveau bloc baptisé G20E. Ce quatre cylindres de 2 litres est dérivé du 1.6 qui anime l'actuelle GR Yaris, mais il a été redessiné pour occuper le minimum d'espace, avec une course de piston raccourcie. Objectif : abaisser le centre de gravité et permettre des dimensions compactes.

Les chiffres évoqués donnent le vertige pour un quatre pattes de série : entre 400 et 450 ch en version route, et jusqu'à 600 ch dans sa configuration course. À titre de comparaison, le M139 de Mercedes-AMG qui équipe la brûlante A45 S plafonne à 416 ch, ce qui en fait aujourd'hui le quatre cylindres de série le plus puissant du marché.

Le moteur est conçu pour accepter aussi bien l'essence pure qu'une hybridation classique ou rechargeable. Toyota teste actuellement le bloc dans une GR Yaris modifiée, à moteur central, engagée dans le championnat d'endurance japonais Super Taikyu. Une manière assez radicale de valider la fiabilité en conditions réelles.

Adieu le sous-virage, bonjour l'équilibre

Pourquoi déplacer le moteur derrière les sièges ? Toyota assume une critique frontale de l'architecture à moteur avant : freinage, direction et accélération concentrent tous les efforts sur le train avant, ce qui use les pneus trois fois plus vite qu'à l'arrière et provoque du sous-virage à la limite. Akio Toyoda parle même de « temps de prière » pour désigner le moment où une propulsion à moteur avant plonge en glisse dans un virage serré.

La MR2 originelle était connue pour sa répartition des masses idéale, mais aussi pour ses décrochages brutaux du train arrière en courbe rapide. La solution retenue par les ingénieurs : combiner moteur central et transmission intégrale. La transmission développée sur le prototype GR Yaris M peut répartir la puissance à parts égales entre les deux essieux, ou tout envoyer à l'arrière. De quoi préserver l'esprit joueur du modèle historique tout en gagnant en stabilité.

Un design inspiré du concept FT-SE

Le prototype qui tourne actuellement sur le circuit du Fuji Speedway se promène habillé de bric et de broc : portes empruntées à la Lexus LC, feux de GR Yaris, énormes prises d'air latérales et capot ventilé qui trahissent l'implantation centrale. La bande-son laisse deviner un quatre cylindres turbo bien nerveux.

Le style définitif s'inspirera plutôt du concept FT-SE dévoilé en 2023. Initialement pensé comme un modèle 100 % électrique, ce coupé aux proportions typées « moteur central » pourrait passer en production quasi sans retouches, grâce à la compacité du nouveau G20E. Le nom GR MR2 a d'ailleurs été déposé, et la voiture devrait, comme la GR GT, se passer complètement des logos Toyota.

Reste à voir le tarif. En attendant 2028, on peut jeter un œil du côté de la Lotus Emira, aujourd'hui la seule sportive à moteur central proposée par un constructeur généraliste, ou surveiller la prochaine Alpine A110 électrique qui pourrait, elle aussi, réserver une place à un bloc thermique. Le segment ne sera peut-être pas aussi désert qu'on l'imagine.

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