Tesla débranche le Solar Roof : la fin d'un pari sur les tuiles solaires

M Par Marion ·
Tesla débranche le Solar Roof : la fin d'un pari sur les tuiles solaires
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Le rêve d'un toit qui produit son électricité sans ressembler à un chantier de panneaux vient de prendre du plomb dans l'aile. Tesla a discrètement rangé son Solar Roof, ces tuiles photovoltaïques que la marque promettait depuis 2016 aussi belles qu'une couverture classique et aussi rentables qu'une installation solaire dédiée. Les installateurs certifiés ont reçu la consigne : le produit n'est plus commandable.

Un produit vitrine qui s'efface du catalogue

Sur le site officiel de la marque, le signal est net. La page dédiée au Solar Roof renvoie désormais vers celle des panneaux solaires classiques, et le produit a disparu du menu de la division Energy. Les foyers américains qui envisageaient de recouvrir leur maison de ces tuiles photovoltaïques n'ont plus qu'une option chez Tesla : des panneaux traditionnels posés par-dessus la toiture existante, éventuellement couplés à une batterie Powerwall.

Le projet avait pourtant été présenté par Elon Musk comme l'une des raisons d'être du rapprochement entre Tesla et SolarCity. L'idée séduisait sur le papier : remplacer les tuiles ordinaires par des éléments qui captent la lumière, avec à la clé une facture censée rester sous celle d'un toit refait à neuf plus une installation solaire distincte.

Des chiffres qui ne collent pas à la promesse

Dans la vraie vie, le compte n'y était plus. En 2021, Tesla a revu ses devis à la hausse, y compris pour des clients ayant déjà signé. La manœuvre a nourri une action collective, soldée en 2023 par un accord à 6 millions de dollars.

Côté volumes, l'écart avec les ambitions initiales frôle le vertige. Musk parlait de 1 000 toits installés chaque semaine. D'après les relevés de Wood Mackenzie, le meilleur rythme atteint aurait été de 32 par semaine. Sur sept ans, environ 3 000 systèmes auraient été posés aux États-Unis. C'est le carnet de commandes d'un petit couvreur régional, pas celui d'un produit censé transformer la construction résidentielle.

Ce que ça dit du solaire résidentiel

Le message envoyé au marché mérite qu'on s'y arrête. Intégrer la production d'électricité directement dans les matériaux de construction reste techniquement séduisant, mais économiquement fragile. Poser des panneaux standards sur un toit existant coûte moins cher, va plus vite, et se répare plus facilement. Quand un module tombe en panne dans un champ de panneaux classique, on le remplace en une matinée. Quand c'est une tuile solaire soudée à des centaines d'autres, la logistique devient une autre histoire.

Tesla ne quitte pas le solaire résidentiel pour autant. La marque garde ses panneaux photovoltaïques et surtout ses batteries Powerwall, ces unités de stockage domestique qui permettent d'utiliser la nuit l'électricité produite le jour. C'est cette brique-là, plus que le toit lui-même, qui reste au centre de la stratégie énergie.

Et en France, on en tire quoi ?

Le Solar Roof n'avait jamais vraiment traversé l'Atlantique à grande échelle. Mais l'idée des tuiles solaires, elle, existe chez plusieurs fabricants européens et français, souvent à des tarifs élevés et sur des volumes confidentiels. Pour un particulier qui veut équiper son pavillon, le calcul reste le même qu'aux États-Unis : les panneaux posés en surimposition sur une toiture saine restent la voie la plus rationnelle, sauf projet architectural spécifique ou refonte complète de la couverture.

Si on réfléchit à une installation, deux réflexes utiles avant de signer un devis : demander plusieurs propositions à des artisans labellisés RGE, et vérifier son éligibilité à la prime à l'autoconsommation ainsi qu'au taux de TVA réduit. C'est là que se joue la vraie rentabilité d'un projet solaire domestique, bien plus que dans le choix entre tuile intégrée et panneau classique.

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