Hongqi Guoli : la limousine chinoise à 1,3 M€ qui lorgne l'Australie
Une berline de près de six mètres, un V8 biturbo, un prix qui frôle celui d'une villa sur la Côte d'Azur : la Hongqi Guoli, limousine officielle de l'État chinois, pourrait débarquer en Australie d'ici 2027. Un projet encore très hypothétique, mais qui en dit long sur le nouveau visage du luxe automobile.
Une voiture de cortège pensée pour Pékin, pas pour Sydney
Chez Hongqi, la Guoli n'est pas un modèle comme les autres. La marque, propriété du groupe public FAW, fournit depuis les années 1960 les voitures de cérémonie du pouvoir chinois. On se souvient de la CA770, puis plus récemment de la L5 qui trimballe régulièrement Xi Jinping. La Guoli reprend ce flambeau, avec un style néo-rétro assumé et un gabarit qui coupe le souffle : 5,98 m de long, 2,09 m de large, un empattement de 3,73 m et un poids à vide qui dépasse les 3,1 tonnes.
Sous le capot, pas d'électrification pour cette tête de gamme : un V8 4,0 litres biturbo qui délivre 285 kW (382 ch) et 530 Nm de couple. La consommation homologuée grimpe à 15,2 l/100 km, cohérent avec l'usage — rouler au pas dans un cortège officiel plutôt que descendre l'A7 un vendredi soir. En Chine, la production se compte en dizaines d'unités par an. Une vitrine, pas un modèle de volume.
Un tarif qui dépasse Rolls-Royce et Bentley
Le prix affiché en Chine est de 7,18 millions de yuans. Converti au taux utilisé par la presse australienne, cela donne environ 1,51 million de dollars australiens, soit près de 1,3 million d'euros. À ce niveau-là, la Guoli grimpe plus haut que bon nombre de Rolls-Royce et de Bentley vendues sur le marché australien, et se hisserait dans le très petit club des voitures neuves les plus chères du pays.
C'est ce positionnement qui interroge. Faire venir une limousine d'État sur un marché qui connaît surtout Hongqi à travers un projet plus modeste, c'est un pari. L'importateur local, Greentech Smart EV, basé à Sydney, prépare pour l'instant l'arrivée de trois SUV électriques et hybrides, plus une berline. La Guoli, elle, jouerait le rôle de halo car — un modèle-symbole destiné à quelques collectionneurs, entreprises ou institutions en quête d'autre chose qu'une Phantom.
Un débarquement encore très flou
Rien n'est signé. Un représentant de Greentech, interrogé sur la stratégie de la berline HQ, évoque un positionnement "similaire à Audi, à la Toyota Crown, à Lexus" avec une seule berline en catalogue face à trois SUV. Sur la venue effective de la série Golden Sunflower, à laquelle appartient la Guoli, le même interlocuteur reste prudent : il aimerait la voir arriver, "simplement parce que ce serait quelque chose de différent sur la route", tout en reconnaissant que d'autres modèles sont déjà sur la table.
Traduction : ni calendrier confirmé, ni volumes annoncés. Les discussions entre Hongqi, FAW et l'importateur australien continuent, et tant qu'elles ne débouchent pas sur un contrat ferme, la Guoli reste surtout un objet de communication. Un objet qui parle fort, cela dit.
Ce que ça raconte du luxe automobile chinois
Au-delà de l'anecdote australienne, la démarche mérite qu'on l'observe depuis la France. Depuis quelques années, les constructeurs chinois ne se contentent plus d'inonder l'Europe de compactes électriques bien placées. BYD attaque le milieu de gamme, Xpeng et Nio visent le premium, et Hongqi commence à sortir de son statut de fournisseur du Parti pour tester le terrain de l'ultra-luxe hors de ses frontières. En Norvège, la marque écoule déjà quelques modèles. L'Australie serait la prochaine étape, avec l'idée qu'un pays anglophone ouvert aux importations sert de laboratoire avant, peut-être, un passage en Europe.
Pour l'instant, aucune Hongqi n'est distribuée officiellement en France, et la Guoli n'y arrivera probablement jamais — les grandes limousines de représentation ne pèsent quasiment rien dans les immatriculations européennes. Mais si vous suivez la montée en gamme des marques chinoises, gardez un œil sur les prochaines annonces de Greentech à Sydney : elles diront beaucoup sur la vitesse à laquelle Pékin compte bousculer le très haut de gamme mondial. En attendant, allez jeter un œil aux Hongqi H9 et E-HS9 déjà visibles en Europe du Nord pour vous faire une idée concrète du savoir-faire de la marque.
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