Des prises électriques gratuites, accessibles sans badge ni paiement, installées sur les parkings Lidl pour les vélos électriques : l’idée de s’en servir pour recharger sa voiture fait son chemin sur les réseaux. Sauf que cette pratique expose à de lourdes sanctions pénales, indépendamment de toute barrière physique.
Une puissance dérisoire qui rend l’opération peu intéressante
Avant même d’aborder le cadre légal, la réalité technique suffit à doucher l’enthousiasme. Ces prises, conçues pour les deux-roues, plafonnent à environ 1,6 kW. Résultat : une dizaine d’heures de stationnement permettent de récupérer une vingtaine de kWh — soit ce qu’une borne rapide délivre en dix minutes.
À titre de comparaison, un plein complet de 50 kWh sur une vraie borne Lidl revient à environ 14,50 euros, au tarif standard de 0,29 €/kWh en courant alternatif. Sur les bornes rapides en courant continu, le prix monte à 0,39 €/kWh hors promotions. L’économie réalisée en détournant la prise vélo est donc marginale au regard du temps immobilisé.
Absence de barrière ne signifie pas absence d’interdit
C’est là que le raisonnement populaire déraille. Rien n’empêche physiquement de raccorder une voiture avec le bon câble, mais l’absence d’obstacle ne vaut pas autorisation. L’article 311-2 du Code pénal assimile explicitement au vol la soustraction frauduleuse d’énergie.
Le courant issu de ces prises appartient au propriétaire des lieux. Détourner un équipement clairement destiné aux vélos pour un usage différent correspond précisément à ce que la loi qualifie de frauduleux. La jurisprudence sur le vol d’électricité remonte d’ailleurs à 1912 : le principe n’a rien de nouveau.
Les peines encourues sont loin d’être symboliques :
- Jusqu’à 3 ans d’emprisonnement
- Jusqu’à 45 000 euros d’amende
Un « bon plan » qui n’en est pas un
La confusion entretenue par certains contenus en ligne repose sur une équation fausse : gratuit n’est pas synonyme d’autorisé. La lenteur de la charge, le gain financier quasi nul et le risque juridique réel forment un triptyque peu engageant.
Pour les automobilistes souhaitant recharger à moindre coût lors de leurs courses, les bornes dédiées de Lidl restent la seule option à la fois efficace et légale — à 0,29 €/kWh en courant alternatif, le plein complet avoisine les 15 euros, sans risquer de finir devant un tribunal.