Le gouvernement affiche un optimisme mesuré sur la baisse des prix du carburant, au lendemain de la signature d’un protocole d’accord entre l’Iran et les États-Unis. Ce texte prévoit la réouverture du détroit d’Ormuz, voie de passage de 20 % des flux pétroliers mondiaux, ce qui laisse entrevoir un allègement de la pression sur les prix à la pompe.

Des signaux encourageants, mais sans promesse de calendrier

Interrogée sur BFMTV/RMC, la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, a refusé de s’engager sur un retour aux niveaux d’avant-crise d’ici juillet. « Je prendrais le risque de mentir aux Français », a-t-elle justifié.

Elle a néanmoins souligné que la tendance était désormais orientée à la baisse. Pour soutenir les automobilistes les plus exposés, l’État a par ailleurs déployé une prime carburant de 100 euros dont les premiers virements ont été lancés mi-juin.

Les ministres appellent à retrouver confiance

Le ministre du Commerce, Serge Papin, s’est montré plus enthousiaste sur Public Sénat. Selon lui, il est désormais possible de « retrouver de la confiance » et de « quitter l’attentisme », la baisse des cours du pétrole devant selon lui « se répercuter à la pompe très vite ».

Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a tempéré cet élan sur RTL : un retour du carburant à 1,70 euro le litre prendra « un peu de temps », en raison des incertitudes qui subsistent.

Des prévisions économiques établies avant l’accord

Roland Lescure a également relativisé les projections pessimistes de la Banque de France et de l’Insee, rappelant qu’elles avaient été formulées « avant l’accord de paix », sur la base d’un baril maintenu à 100 dollars tout au long de l’année.

La Banque de France a pourtant abaissé cette semaine sa prévision de croissance pour 2026, anticipant une croissance nulle au deuxième trimestre. Ces derniers mois, la hausse des prix avait déjà conduit 44 % des Français à réduire leurs trajets en voiture.

Serge Papin a évoqué un possible « redémarrage de l’activité » porté par l’ouverture de la saison touristique, qu’il juge placée sous « de bonnes augures ». La concrétisation de ces espoirs dépendra toutefois de la solidité d’un accord diplomatique encore fragile, dont l’application reste à confirmer dans les semaines à venir.