En hiver, une route verglacée peut surprendre en quelques secondes, même à faible vitesse. Le verglas est souvent invisible, mais quelques bons réflexes suffisent à limiter les risques. Voici les gestes essentiels à adopter avant et pendant la conduite.
Comment reconnaître une route verglacée ?
Avant de parler de conduite, encore faut-il repérer le danger. Le problème du verglas, c’est qu’il ne ressemble pas toujours à de la glace.
Les signes qui doivent alerter
Certaines situations augmentent fortement le risque :
- Températures proches de 0°C, surtout tôt le matin ou en soirée
- Zones à l’ombre (forêt, talus, bord de route)
- Ponts et viaducs : ils gèlent plus vite que le reste de la chaussée
- Route “brillante” ou aspect miroir
- Peu de projections d’eau, impression que la route est “sèche”
Le verglas noir : le piège numéro 1
Le plus dangereux reste le verglas noir, quasi invisible, qui donne l’impression d’une route simplement humide. Dans ce cas, un freinage ou un virage un peu brusque suffit à faire perdre l’adhérence.
Les bons réflexes AVANT de prendre la route
Une conduite sécurisée sur le verglas commence… avant même de démarrer.
S’équiper correctement
Même avec la meilleure conduite du monde, des pneus inadaptés peuvent tout compliquer. L’idéal en hiver reste de rouler avec des pneus adaptés à la saison froide. Si vous hésitez sur les modèles les plus efficaces, ce guide peut vous aider à choisir un pneu neige performant selon votre véhicule.
Préparer son trajet
- Évitez si possible les petites ro4 utes non salées ou non dégagées
- Préférez les axes principaux
- Si la météo annonce du verglas, partez un peu plus tôt (pour éviter la précipitation)
Route verglacée : 10 bons réflexes indispensables
Voici les réflexes les plus efficaces (et souvent les plus simples). Ils peuvent réellement faire la différence.
1) Réduisez la vitesse avant la zone à risque
Sur verglas, ce qui est dangereux, ce n’est pas seulement la vitesse… c’est la vitesse au mauvais moment. Ralentissez avant les virages, les ronds-points, les descentes ou les zones à l’ombre.
2) Augmentez fortement les distances de sécurité
Sur glace, la distance de freinage explose. L’idéal : multiplier la distance habituelle par 3, voire 4.
3) Conduisez souplement : zéro geste brusque
Sur une route verglacée, la règle d’or, c’est la douceur :
- accélération progressive
- volant léger
- freinage doux
Les à-coups déclenchent vite un patinage ou un dérapage.
4) Regardez loin et anticipez
Plus vous anticipez, moins vous aurez besoin de “réagir”. Sur verglas, la réaction rapide n’est pas votre alliée : c’est l’anticipation.
5) Freinez doucement, sans panique
Un freinage brutal = roues qui se bloquent (si pas d’ABS) ou perte de stabilité (même avec ABS). Si vous devez freiner :
- commencez tôt
- appuyez progressivement
- gardez le véhicule dans l’axe
6) Utilisez le frein moteur
Le frein moteur est souvent plus stable que le freinage, surtout en descente. Rétrogradez progressivement, sans à-coups.
7) Dans les virages : ralentissez avant, jamais pendant
C’est l’un des conseils les plus importants. Si vous freinez en plein virage sur une route gelée, vous augmentez fortement le risque de glissade.
8) Accélérez en douceur
Sur le verglas, trop d’accélération entraîne le patinage. Accélérez progressivement, surtout en sortie de virage ou en montée.
9) Évitez les manœuvres inutiles
Dépassement, changement de file, coups de volant… mieux vaut éviter de multiplier les actions.
10) Gardez votre calme
Quand ça glisse, beaucoup de conducteurs paniquent… et font précisément ce qu’il ne faut pas : freiner fort et tourner le volant d’un coup. Sur le verglas, la bonne réponse est souvent la plus posée.
Comment freiner sur le verglas ? (ABS ou pas ABS)
Si votre voiture est équipée de l’ABS
Bonne nouvelle : l’ABS aide à garder le contrôle en empêchant les roues de se bloquer.
En cas d’urgence : appuyez fort et maintenez, sans relâcher.
Le système va gérer les micro-freinages. Vous pouvez continuer à orienter le véhicule.
Si votre voiture n’a pas d’ABS
Ici, le risque de blocage des roues est plus élevé.
Freinez progressivement et, si nécessaire, utilisez un freinage léger “par pressions” pour éviter le blocage.
Que faire en cas de dérapage ?
Même avec une conduite prudente, ça peut arriver. L’essentiel est de savoir comment réagir.
Cas n°1 : Sous-virage (la voiture tire tout droit)
Vous tournez… mais la voiture continue tout droit.
Ce qu’il faut faire :
- relâcher légèrement l’accélérateur
- éviter de braquer davantage (ça ne sert à rien)
- ralentir progressivement si possible
Cas n°2 : Survirage (l’arrière part)
Le véhicule “chasse” de l’arrière.
Ce qu’il faut faire :
- regarder la direction où vous voulez aller
- contre-braquer doucement (sans gestes brusques)
- ne pas freiner brutalement
Les erreurs les plus fréquentes (et les plus dangereuses)
Sur route verglacée, certaines erreurs reviennent souvent :
- rouler trop vite “parce que ça a l’air sec”
- freiner en plein virage
- coller la voiture devant
- accélérer fort en montée
- sous-estimer l’importance des pneus adaptés
Petit rappel utile : les équipements et règles en montagne
Si vous allez en montagne, l’équipement (pneus adaptés ou dispositifs antidérapants) est parfois obligatoire selon les zones et la période. Mieux vaut s’informer avant de partir et vérifier l’état de ses pneus. Certains pneus 4 saisons offrent aussi un bon compromis si vous roulez souvent en zone mixte.
Les 3 règles à retenir
Sur route verglacée, tout repose sur 3 piliers :
- Anticiper (regarder loin, ralentir avant le danger)
- Conduire souplement (aucun geste brusque)
- Garder de la distance (freinage plus long = sécurité)
Le verglas n’est pas forcément synonyme d’accident… à condition d’adopter les bons réflexes. D’ailleurs, le ministère de la Transition écologique rappelle ce qu’il est autorisé (et interdit) de faire en cas de neige ou de verglas, ce qui permet d’éviter des erreurs fréquentes.