BMW ne croit pas aux annonces fracassantes de BYD. Alors que le constructeur chinois promet une recharge de 10 à 70 % en cinq minutes grâce à sa technologie Flash Charging et sa batterie Blade 2.0 — capable d’absorber jusqu’à 1 500 kW —, des ingénieurs de la marque bavaroise jugent ces chiffres intenables sans sacrifices majeurs.
Des performances qui soulèvent des questions de fond
Markus Fallböhmer, responsable de la production de batteries chez BMW, appelle à la prudence face à ce type d’annonces. Selon lui, « il est possible d’optimiser un seul indicateur de performance, mais il faut faire des compromis sur d’autres points ».
Le principal écueil pointé du doigt : la densité énergétique. Pour atteindre une vitesse de charge aussi élevée, il faut nécessairement la réduire — ce qui influe directement sur la gestion thermique et, par extension, sur la sécurité du véhicule. Ce phénomène s’accompagne également de pertes d’énergie plus importantes lors de la recharge rapide, un point souvent sous-estimé.
Mike Reichelt, responsable des modèles Neue Klasse, élargit le débat : « Nous cherchons à réduire de plus en plus le temps de charge, mais il faut aussi prendre en compte l’autonomie, la durabilité et la fiabilité. »
Le choix délibéré de BMW : 400 kW et 21 minutes
Les modèles BMW reposant sur la plateforme Neue Klasse — l’iX3 et l’i3 — se limitent à 400 kW de puissance de charge. Concrètement, passer de 10 à 80 % de batterie demande 21 minutes, tandis que dix minutes suffisent pour récupérer jusqu’à 400 kilomètres d’autonomie.
Pour BMW, ce niveau de performance est parfaitement adapté aux pauses autoroutières. Mike Reichelt résume la philosophie du constructeur avec une formule directe : avec une recharge de cinq minutes, « vous devez choisir entre aller aux toilettes ou prendre un café. Vous n’avez pas le temps de faire les deux ».
Au-delà de l’usage, l’argument économique pèse également dans la balance. Pousser les performances de charge au-delà de ce seuil engendrerait une forte hausse des coûts, sans bénéfice réel pour les clients selon le constructeur allemand.
Deux visions du marché, deux stratégies
BMW reconnaît la rapidité avec laquelle le marché chinois évolue, mais revendique une approche différente. « Nous tenons compte de la rapidité du marché chinois… mais en contrepartie, nous garantissons la qualité et la sécurité », souligne Mike Reichelt.
BYD, de son côté, prépare le déploiement de sa technologie Flash Charging en Europe, où elle devra convaincre dans un contexte réglementaire et d’usage différent. BMW, lui, entend plutôt développer son réseau de bornes 800 volts sur le Vieux Continent. Deux trajectoires qui illustrent une divergence profonde sur ce que doit être la recharge électrique de demain.















