La France est le pays où la part des achats de vélos électriques sur internet est la plus élevée d’Europe occidentale. Selon le GfK E-Bike Monitor de NielsenIQ (édition 2025, publiée en février 2026), 43 % des acheteurs français de VAE ont opté pour le canal numérique — un taux sans équivalent parmi les quatre pays étudiés.

Pourquoi l’Allemagne et la Belgique restent fidèles aux boutiques

Chez nos voisins germaniques, l’attachement au magasin physique s’explique par des priorités bien précises : pouvoir essayer le vélo, bénéficier de conseils personnalisés et repartir avec le produit immédiatement. Ces critères priment sur l’argument tarifaire, même si les prix en ligne sont souvent inférieurs.

En Belgique, le constat est similaire : malgré un écart de prix significatif entre les deux canaux, la boutique conserve sa position dominante. Aux Pays-Bas, la progression du web s’explique davantage par la facilité de comparaison des prix et par une offre élargie de modèles accessibles — mais la culture du vélociste reste profondément ancrée. La France, elle, a clairement basculé vers le clic — un choix séduisant, mais qui mérite réflexion, comme le montre notre analyse pour acheter son vélo en ligne.

En France, le VAE reste avant tout un loisir

Au-delà des chiffres de vente, l’étude révèle une autre particularité hexagonale : l’usage. Contrairement aux Néerlandais, qui utilisent de plus en plus leur vélo électrique pour leurs trajets quotidiens, ou aux Belges, motivés par l’idée de se passer de voiture, les acheteurs français privilégient encore les usages récréatifs.

NielsenIQ souligne que les facteurs liés au loisir dominent les motivations d’achat en France. Un écart de maturité notable par rapport aux marchés du nord de l’Europe, où le VAE s’est imposé comme un véritable outil de mobilité du quotidien.

Vol et financement, deux points de vigilance pour le marché français

L’étude pointe également un taux de vol particulièrement élevé en France : 18 % des sondés français déclarent avoir été victimes d’un vol de vélo électrique, contre 16 % en Belgique, 13 % en Allemagne et 11 % aux Pays-Bas. Un fléau contre lequel il existe pourtant des moyens simples de se protéger.

Face à ce risque, les Français montrent un intérêt plus marqué pour le leasing et les solutions de financement. En Allemagne, c’est le leasing employeur qui domine, tandis qu’aux Pays-Bas, les acheteurs se concentrent sur les garanties concrètes : autonomie de la batterie, couverture vol et conditions d’entretien.

Ces données posent une question que l’étude laisse en suspens : si les Français achètent massivement en ligne, à quels prix et pour quels modèles ? Reste d’ailleurs à savoir si acheter son VAE en ligne est une bonne idée ou une fausse bonne affaire. La réponse conditionnerait sans doute une lecture plus nuancée de ce leadership numérique — et interroge sur la place du conseil spécialisé dans un marché encore en construction.