Le fabricant ACC vient d’annoncer la fin de ses projets d’usines de batteries en Allemagne et en Italie. Un tournant qui secoue toute l’industrie automobile européenne.
Un projet européen qui prenait de l’ampleur
Il y a encore peu, le secteur des batteries électriques affichait de grandes ambitions sur tout le continent. Plusieurs pays étaient engagés dans une course à l’innovation. L’objectif principal ? Réduire la dépendance à l’Asie, face à l’explosion de la mobilité électrique.
C’est dans ce contexte qu’Automotive Cells Company (ACC) avait lancé des sites industriels majeurs pour produire des batteries nouvelle génération. L’Allemagne et l’Italie devaient être les nouveaux piliers de cette stratégie industrielle. Berlin et Rome misaient gros sur ces implantations. Les retombées économiques, prometteuses, faisaient rêver élus et investisseurs.
Pourquoi ACC jette-t-il l’éponge sur ces usines stratégiques ?
Le recul d’ACC s’explique par un ensemble de facteurs complexes. La conjoncture reste difficile pour l’industrie européenne, qui combat sur plusieurs fronts : pression internationale, évolutions technologiques rapides, incertitude du marché automobile.
Pour les équipes dirigeantes, certains prérequis essentiels n’ont jamais été atteints. Ce manque de visibilité rend impossible la concrétisation des chantiers en Allemagne et Italie. On évoque aussi des obstacles administratifs et techniques atypiques à chaque pays.
- Baisse des commandes européennes attendues
- Pénurie persistante de matières premières critiques
- Montée en puissance de solutions concurrentes venues d’Asie
- Difficultés à garantir la rentabilité industrielle des nouveaux sites
Chaque point pèse lourd dans la balance. Pour ACC, il valait mieux arrêter à temps que précipiter un échec coûteux. C’est la survie de l’ensemble de la filière qui passe parfois par des choix douloureux.
Quelles conséquences pour l’industrie automobile européenne ?
Ce double abandon de projets d’usines pénalise sévèrement les espoirs européens de souveraineté énergétique. De nombreux acteurs tablaient sur ces gigafactories pour accroître leur part de marché face aux géants asiatiques. En annulant les projets italiens et allemands, ACC fragilise à court terme l’attractivité industrielle locale.
Les équipes investies sur place vont devoir être redéployées. Certaines régions, misant sur la transition écologique et l’emploi vert, risquent de subir des retombées sociales. Une question plane alors : peut-on relancer rapidement d’autres alternatives ou faut-il attendre un rebond à long terme ?
L’avenir de la batterie européenne après ce choc
L’Union européenne vise toujours à développer une filière indépendante et compétitive. Cette ambition semble cependant s’accompagner d’embûches imprévues. L’agilité sera donc la clé pour surmonter cet épisode.
Certains industriels envisagent déjà d’adapter leurs modèles. Le rapprochement avec des partenaires étrangers plus expérimentés pourrait accélérer l’accès aux dernières innovations, sans perdre de vue l’enjeu stratégique de garder une production “made in Europe”.
Vers quelles technologies la recherche se tourne-t-elle ?
La batterie lithium-ion, longtemps incontournable, cède la place à d’autres promesses. L’avènement du sodium-ion ou de solutions solides ouvre la porte à de nouvelles chaînes de valeur. Les chercheurs travaillent à optimiser les performances énergétiques, réduire l’impact environnemental et limiter les coûts.
Certaines usines françaises demeurent en activité et pourraient servir de laboratoires. Leur capacité à pivoter vers de nouveaux procédés représentera un enjeu majeur dans les prochaines années.
Panorama comparatif : comment l’Europe se positionne face à l’Asie ?
L’Asie confirme chaque année sa domination incontestée dans la course aux batteries. Ces grands groupes bénéficient d’un savoir-faire historique et de chaînes logistiques consolidées.
| Pays | Part mondiale (batteries) | Avantages principaux |
|---|---|---|
| Chine | + de 70 % | Main-d’œuvre, maîtrise technique, ressources locales |
| Corée du Sud/Japon | Environ 15 % | Technologies avancées, partenariats internationaux |
| Europe | <10 % | Recherche émergente, volonté politique |
On mesure l’écart grandissant malgré les efforts récents. Maintenir l’élan exige des décisions audacieuses : mutualiser les investissements, renforcer les synergies publiques-privées et simplifier les cadres réglementaires.
Quel rebond pour les territoires concernés et le tissu industriel européen ?
Après ce revers, les collectivités cherchent déjà à amortir le choc social. Des mesures seront nécessaires pour soutenir les salariés, réorienter les infrastructures existantes ou transformer certains sites vers d’autres filières industrielles.
Les institutions doivent également encourager la formation continue et la reconversion professionnelle pour accompagner les employés affectés. Cet événement invite à repenser le maillage local de la filière automobile électrifiée.















