L’intelligence artificielle ne se cantonne plus à l’habitacle. La société Monta vient de dévoiler un assistant vocal IA capable d’intervenir directement sur une borne de recharge défaillante, en temps réel, sans passer par un opérateur humain. Une avancée qui pourrait transformer l’expérience — souvent frustrante — de la recharge publique.
Un assistant qui décroche dès la première seconde
Baptisé Monta AI Driver Support, le service prend en charge l’appel du conducteur immédiatement, sans temps d’attente. Connecté en temps réel au système de gestion des bornes (CPMS), il est capable d’identifier le problème et d’agir sans délai : redémarrage de la borne, déverrouillage du câble, arrêt de session ou envoi d’un reçu par SMS.
Selon Monta, 84 % des demandes de support sont résolues avant même qu’un agent humain entre en jeu. Le taux d’abandon, qui atteignait auparavant 27 %, tomberait à zéro grâce à ce dispositif.
Des données massives pour un diagnostic chirurgical
Fondée en 2020, Monta dispose d’une base d’entraînement considérable : 260 000 points de charge connectés, 3 millions de sessions mensuelles et 14 000 demandes de support par mois. C’est sur ce volume que repose la capacité de diagnostic de l’IA.
La plateforme cite un cas concret : un opérateur partenaire affichait un taux de réussite de seulement 31,2 % — autrement dit, deux sessions sur trois se soldaient par un échec. L’IA a identifié la cause, une incompatibilité de firmware, et l’a corrigée. Résultat : 25 secondes plus tard, le taux de réussite atteignait 98,3 %.
Des réseaux de recharge sous tension
Derrière ces chiffres se dessine un constat plus large : les infrastructures de recharge publiques ont connu une expansion rapide, mais leur gestion reste souvent fragmentée, pilotée manuellement par un nombre limité d’experts. Un modèle difficilement soutenable à mesure que le parc de véhicules électriques s’élargit.
L’IA s’impose ici comme un levier d’automatisation, capable de traiter à grande échelle ce qu’un technicien humain mettrait un temps considérable à diagnostiquer — notamment en fouillant les logs OCPP d’un système de gestion dispersé à travers l’Europe. Une fragilité d’autant plus visible lors des pics de fréquentation, comme les départs en vacances.
L’IA, désormais partout dans la chaîne électrique
Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large d’intégration de l’IA à l’ensemble de l’écosystème du véhicule électrique. À bord, des constructeurs comme Stellantis et Mercedes ont intégré ChatGPT nativement, tandis que Tesla embarque Grok dans certaines versions pour permettre une interaction en langage naturel. Des systèmes de gestion de batterie enrichis d’apprentissage automatique surveillent chaque cellule, anticipent la dégradation et préchauffent le pack avant une charge rapide.
BMW et Mercedes affinent quant à eux leurs planificateurs de trajet sur des millions de sessions, avec une précision de consommation annoncée à 3 % près sur un trajet comme Paris-Marseille.
L’enjeu, désormais, est de savoir à quelle vitesse cette technologie se généralisera auprès des opérateurs de recharge — et si les conducteurs adopteront spontanément le réflexe de « parler » à une borne en cas de pépin.