Réuni à l’Élysée le 26 mai 2026 autour de l’électrification des usages énergétiques, Emmanuel Macron a annoncé que les opérateurs se sont engagés à installer 240 000 bornes de recharge supplémentaires pour véhicules électriques d’ici à 2030, dont 60 000 points de charge rapide et ultra-rapide. Ces nouvelles infrastructures s’ajouteront aux 185 000 bornes déjà en service pour atteindre l’objectif national de 400 000 unités.
Des investissements privés massifs pour accélérer le déploiement
Plusieurs acteurs économiques ont formalisé des engagements financiers concrets lors de cette réunion. L’opérateur de recharge Electra prévoit d’y consacrer 300 millions d’euros d’ici 2030, avec l’installation de 1 000 nouveaux points de charge ultra-rapides par an. Lidl France, Leclerc, Renault et Enedis ont également annoncé des investissements, sans que les montants détaillés ne soient précisés.
De son côté, EDF mobilisera 80 millions d’euros pour accompagner les particuliers souhaitant abandonner leur chaudière à gaz ou fioul, 80 millions supplémentaires pour soutenir l’achat de poids lourds électriques et l’installation de bornes de recharge rapide, et une somme équivalente pour préparer des sites industriels destinés à accueillir de grands consommateurs d’électricité.
Stellantis et les pompes à chaleur, autres piliers de la stratégie
Au-delà de la mobilité électrique, le président a mis en avant deux autres leviers de décarbonation. Le constructeur automobile Stellantis s’est engagé à produire, à partir de 2029, une nouvelle génération de véhicules électriques sur son site de Mulhouse, dans l’est de la France.
Les pompes à chaleur constituent l’autre axe prioritaire. Emmanuel Macron les a qualifiées de « pilier » de la stratégie nationale d’électrification, en raison de leur capacité à réduire significativement la consommation d’énergie.
Un cap chiffré pour réduire la dépendance aux énergies fossiles
L’ensemble de ces annonces s’inscrit dans un objectif plus large : ramener la part des énergies fossiles à moins de 30 % de la consommation finale d’énergie française en 2035, contre 60 % aujourd’hui. Dans le même temps, la part de l’électricité devra progresser de 27 % à 38 %, portée par la production nucléaire et renouvelable.
Le chef de l’État a appelé à une « mobilisation collective » pour rendre la transition électrique « naturelle et désirable ». Cet agenda énergétique intervient un mois après la publication d’un plan gouvernemental visant à stimuler la consommation d’électricité, dans un contexte de hausse des cours du brut liée aux tensions au Moyen-Orient.
La concrétisation des engagements annoncés par les opérateurs privés sera désormais scrutée de près, en particulier sur le déploiement effectif des bornes de recharge rapide essentielles au succès de cette transition.