Au siège nord-américain de Stellantis, à Auburn Hills dans la banlieue de Detroit, venir travailler au volant d’une voiture étrangère au groupe peut coûter cher en temps de marche — voire en sabot de Denver. Une politique de corporatisme assumé qui n’est pas sans provoquer quelques situations cocasses.
Des places réservées aux seules marques maison
Le vaste campus d’Auburn Hills fonctionne sur un système de zones de stationnement hiérarchisées. Les emplacements les plus proches des entrées sont strictement réservés aux véhicules issus des marques du groupe Stellantis.
La distance n’est pas anodine : se retrouver dans un parking périphérique peut représenter entre vingt et trente minutes de marche, auxquelles s’ajoutent encore un quart d’heure pour rejoindre son bureau. «Il y a une forte motivation pour se garer le plus près possible, surtout par mauvais temps», confie Al Amici, ancien cadre du groupe, au Wall Street Journal. Des navettes ont toutefois été mises en place depuis certains parkings éloignés pour atténuer la contrainte.
Avertissement, puis immobilisation du véhicule
Les salariés qui s’aventurent dans les mauvaises zones s’exposent d’abord à un avertissement. En cas de récidive, leur voiture peut être immobilisée par un sabot, les obligeant à solliciter un responsable pour faire intervenir la sécurité.
«Les employés sont tenus de respecter la signalétique affichée et les communications internes», a confirmé sans détour une porte-parole du groupe au Wall Street Journal.
Quand la sécurité méconnaît l’histoire du groupe
La politique a parfois des effets absurdes. Le Wall Street Journal rapporte le cas d’un employé verbalisé pour une Eagle Talon — une marque disparue depuis longtemps, issue de Chrysler, aujourd’hui propriété de Stellantis. «Il semblerait que la sécurité ait besoin d’un cours d’histoire», a ironisé l’intéressé.
Stellantis reconnaît que certains véhicules anciens peuvent être mal identifiés par ses agents de sécurité et indique travailler à corriger le problème. Une anecdote révélatrice des limites d’une règle appliquée à la lettre dans un groupe dont le portefeuille de marques s’étend sur plusieurs décennies d’histoire automobile.















