Depuis le 8 juin, les entreprises du BTP de moins de 50 salariés peuvent solliciter auprès de l’État une réduction de 20 centimes par litre de gazole non routier (GNR), le carburant utilisé pour alimenter les engins de chantier. Prolongée jusqu’en août, cette aide — plafonnée à 4 000 euros par entreprise — est accueillie avec un enthousiasme mesuré par les professionnels du secteur.

Comment obtenir la réduction sur facture

Cette mesure s’inscrit dans le nouveau dispositif d’aides carburant annoncé en juin 2026 par le gouvernement. La démarche est accessible en ligne auprès des services de l’État. Pour en bénéficier, les entreprises doivent fournir trois éléments : leurs factures de GNR du mois précédent, une déclaration sur l’honneur, ainsi que le récapitulatif des aides perçues au cours des trois dernières années.

Les demandes pour le mois de juin doivent être déposées avant le 3 juillet. Une nouvelle fenêtre de dépôt sera ouverte en août pour couvrir la suite de la période.

Sur le terrain, une aide jugée trop timide

Christophe Antoly, directeur de Boisset TP à Chanos-Cruson (Drôme), prévoit de déposer sa demande rapidement. Son entreprise de terrassement et de voirie exploite 15 engins de chantier et consomme chaque année près de 100 000 euros de GNR. S’il salue la simplicité de la procédure, il aurait souhaité une aide deux fois plus élevée : « On aurait aimé que cette aide soit de 40 centimes pour mieux couvrir l’augmentation du GNR », déclare-t-il.

Le GNR avait bondi de près de 80 centimes entre janvier et avril, atteignant 1,80 euro le litre à son pic, dans le sillage des tensions au Moyen-Orient. Il est depuis redescendu autour de 1,60 euro le litre.

Des hausses qui dépassent le seul carburant

Pour Anne-Laurence Moins, directrice des Goudronneurs Ardéchois dans la vallée de l’Eyrieux, le problème va bien au-delà du GNR. « C’est juste un petit coup de pouce sur le GNR, mais il faut se dire qu’on est touchés sur d’autres postes. Toutes les matières premières qu’on achète, elles ont pris 30 %, à cause des coûts de transport. C’est vraiment insuffisant, on n’est pas confiant pour cette année », affirme-t-elle.

La dirigeante pointe également une clause susceptible de freiner les petites structures : si le montant de l’aide dépasse 600 euros, l’entreprise pourrait être contrainte de rembourser cette somme à l’État si son excédent brut d’exploitation de l’année suivante dépasse celui de l’exercice précédent — une condition que beaucoup risquent de ne pas anticiper.

Une mesure provisoire sous surveillance

Initialement mise en place en mai, cette aide reste temporaire et son renouvellement au-delà d’août n’est pas acté. Dans un secteur déjà fragilisé par la hausse des matières premières, les professionnels du BTP attendent de savoir si l’État envisage un soutien plus structurel pour la suite de l’année — alors que les prix à la pompe restent surveillés de près.