Face à l’envolée des prix du carburant alimentée par les tensions au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz — par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial —, l’exécutif prépare un plan de soutien ciblé. Sébastien Lecornu doit en présenter les contours le 21 mai, pour une mise en œuvre annoncée dès juin 2026.
Une annonce très attendue, mais un soutien qui restera sélectif
Selon les services de Matignon, le Premier ministre dévoilera « le nouveau dispositif d’aides carburant pour le mois de juin », conçu pour « protéger les Français qui travaillent et les secteurs économiques les plus touchés ». Le ministre Roland Lescure a été clair : le gouvernement n’est « pas là pour faire des aides généralisées » et le « quoi qu’il en coûte, c’est terminé ».
Pas question donc d’un rabais universel à la pompe. L’exécutif privilégie une aide modulée selon la gravité de la situation, concentrée sur les ménages actifs à revenus modestes et les professionnels les plus exposés.
Des prix records qui font chuter les recettes de l’État
L’essence SP95-E10, SP98 et le diesel ont atteint leurs niveaux les plus élevés depuis le début du conflit au Moyen-Orient, dans un contexte marqué par l’envolée des prix à la pompe observée depuis plusieurs semaines. En France, les taxes représentent environ 60 % du prix d’un litre, et le gouvernement refuse pour l’instant toute réduction fiscale, jugeant le coût trop lourd pour les finances publiques.
Les automobilistes peuvent également suivre l’évolution des tarifs grâce au service dédié aux prix des carburants.
Ce choix a pourtant un effet boomerang. Sur les dix premiers jours de mai, la consommation d’essence et de diesel a reculé d’environ 30 %. Résultat : les recettes liées au carburant ont chuté de 300 millions d’euros sur la même période, selon les propres chiffres avancés par Lecornu.
Ce qui existe déjà pour les actifs et les professionnels
Plusieurs dispositifs sont d’ores et déjà opérationnels ou récemment renforcés :
- Une indemnité carburant de 50 euros, réservée aux travailleurs modestes grands rouleurs, accessible via un simulateur mis en place par Bercy
- Des soutiens de trésorerie spécifiques pour les chauffeurs de taxi
- Des mesures dédiées aux entreprises du BTP
Pour un salarié contraint d’utiliser sa voiture quotidiennement, ces aides ponctuelles peuvent absorber une partie du surcoût mensuel, notamment si elles se cumulent avec une participation de l’employeur aux frais de transport.
Un équilibre budgétaire sous haute tension
L’exercice reste périlleux pour l’exécutif. Le gouvernement doit encore préciser 6 milliards d’euros d’économies annoncées en avril, dans un contexte où la crise pétrolière s’installe dans la durée. Lecornu a lui-même reconnu la nécessité de « changer d’échelle » tout en promettant de n’abandonner personne.
Les arbitrages définitifs du paquet de juin diront jusqu’où l’exécutif est prêt à aller pour défendre le pouvoir d’achat sans rouvrir les vannes budgétaires.