Publiées au Journal officiel ce samedi 2 mai 2026, les modalités de l’indemnité carburant de 50 euros sont désormais officielles. Ce dispositif, annoncé le 22 avril par le Premier ministre Sébastien Lecornu en réponse à la hausse persistante des prix à la pompe, cible environ trois millions de travailleurs modestes contraints d’utiliser leur véhicule pour exercer leur activité professionnelle.
Deux critères cumulatifs pour être éligible
Le décret du ministère de l’Économie définit précisément les conditions d’accès à cette aide. Le revenu fiscal de référence par part ne doit pas dépasser 16 880 euros. À cette condition de ressources s’ajoute une exigence de kilométrage.
Le bénéficiaire doit effectuer soit plus de 15 km par trajet quotidien entre son domicile et son lieu de travail, soit parcourir plus de 8 000 km par an dans le cadre professionnel, trajets domicile-travail inclus.
La demande pourra être déposée sur le site impots.gouv.fr à partir du 27 mai 2026 de mai. La date d’ouverture exacte de la plateforme sera précisée dans un arrêté ultérieur.
Des aides élargies à d’autres secteurs professionnels
Parallèlement à cette indemnité, le gouvernement a prolongé et étendu ses dispositifs de soutien aux carburants professionnels, désormais accessibles à des secteurs tels que le bâtiment, les taxis et les VTC. Le coût total de ces mesures pour le seul mois de mai s’élève à 180 millions d’euros, selon le ministre des Comptes publics David Amiel.
Un second décret publié le même jour officialise l’aide sur le gazole non routier (GNR) agricole pour le mois d’avril, correspondant à une exonération de 3,86 centimes par litre au titre du droit d’accise. Cette mesure représente un effort budgétaire de 14 millions d’euros, dans un contexte où le budget 2026 prévoyait déjà 1,3 milliard d’euros d’allègement de taxe sur le GNR pour les agriculteurs.
Les agriculteurs et pêcheurs réclament davantage
Fin avril, le gouvernement avait annoncé un renforcement de ces aides sectorielles : le soutien au GNR agricole passerait de 3,86 à 15 centimes par litre, tandis que les pêcheurs verraient leur aide portée de 30 à 35 centimes par litre, contre 20 centimes auparavant. Pour avril, le plafond d’aide versé aux agriculteurs est fixé à 50 000 euros, sur demande via le portail chorus-pro.gouv.fr, avec envoi de factures et d’une déclaration sur l’honneur.
Ces annonces n’ont toutefois pas suffi à apaiser les tensions. Samedi, quelques dizaines d’agriculteurs, pêcheurs et boulangers se sont rassemblés devant le dôme des Invalides à Paris, à l’appel du collectif Réveil des Terroirs. Parmi les organisations représentées figuraient l’Union française des pêcheurs artisans (UFPA), Agriculteurs en colère et le Collectif des artisans et commerçants de France, ainsi que des collectifs de transporteurs et chauffeurs VTC.
Christian Convers, ancien secrétaire général de la Coordination rurale, a réclamé un GNR à un euro le litre pour « éviter la faillite » des exploitations agricoles. Du côté des pêcheurs, David Le Quintrec de l’UFPA a alerté sur un prix du gazole qui aurait « doublé », passant de 60 centimes à plus d’1,20 euro le litre, rendant selon lui les sorties en mer non rentables. Il a également déploré l’absence de versement des aides promises pour avril et l’incertitude totale au-delà du mois de mai.
La publication de ces décrets marque une étape réglementaire, mais l’ouverture effective de la plateforme de demande pour les travailleurs modestes et le versement concret des aides aux professionnels de la mer et de la terre restent les prochains jalons attendus par les bénéficiaires.















