Donald Trump a annoncé vendredi son intention de porter à 25% les droits de douane sur les véhicules importés depuis l’Union européenne, une mesure qu’il dit vouloir appliquer dès la semaine prochaine. Le président américain justifie cette décision en accusant Bruxelles de ne pas tenir ses engagements dans le cadre de l’accord commercial signé l’été dernier.
C’est via sa plateforme Truth Social que Trump a formulé cette menace, se déclarant « ravi » de prendre cette nouvelle mesure à l’encontre d’un partenaire commercial majeur. Cette annonce s’inscrit dans un contexte déjà tendu, marqué par les taxes douanières de Trump qui bousculent le marché automobile. Les taxes viseraient aussi bien les voitures que les véhicules lourds, sans que le président ne précise quelles catégories exactes seraient concernées.
Trump a toutefois assorti son annonce d’une condition explicite : les constructeurs qui produisent leurs véhicules sur le sol américain seraient exemptés de toute taxation. «Il est clairement entendu et convenu que, s’ils produisent des voitures et des camions dans des usines situées aux États-Unis, AUCUN DROIT DE DOUANE ne sera appliqué», a-t-il écrit.
Un accord de juillet déjà fragilisé
En juillet dernier, après plusieurs mois de tensions, l’UE et Washington avaient conclu un accord ramenant les droits de douane sur les voitures et pièces détachées européennes à 15% — un taux plus favorable que les 25% alors appliqués à d’autres pays, dont le Japon et la Corée du Sud avaient également bénéficié.
En contrepartie, l’UE s’était engagée à supprimer la majorité de ses propres taxes sur les produits américains. Les eurodéputés avaient validé cet accord fin mars, non sans y adjoindre de nombreuses conditions et une clause d’extinction fixée à mars 2028, témoignant d’une méfiance persistante envers l’administration Trump.
Bruxelles sur ses gardes, Berlin en ligne de mire
La délégation de l’UE à Washington a réagi en assurant que le bloc européen «met en œuvre les engagements pris conformément aux pratiques législatives habituelles», tout en tenant Washington informé. Elle a averti que si les États-Unis ne respectaient pas leur part du contrat, «toutes les options resteraient ouvertes pour protéger les intérêts de l’UE».
L’Allemagne se trouve particulièrement exposée : première puissance automobile du continent, elle exportait quelque 450 000 véhicules par an vers les États-Unis avant le relèvement des taxes, selon la fédération de l’industrie automobile allemande (VDA).
La tension entre Trump et Berlin s’est encore accentuée cette semaine. Le président américain a évoqué une possible réduction des forces américaines stationnées en Allemagne, après que le chancelier Friedrich Merz a estimé que «les Américains n’avaient visiblement aucune stratégie» en Iran. Trump reproche par ailleurs à plusieurs partenaires européens de refuser toute contribution militaire ou logistique aux opérations américaines dans le détroit d’Ormuz.
Les droits de douane, arme diplomatique récurrente
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Trump a systématiquement utilisé les barrières douanières comme levier de pression, aussi bien économique que diplomatique. Des taxes sectorielles sur l’acier et l’automobile ont déjà été mises en place, et une vague de surtaxes généralisées avait provoqué une onde de choc mondiale avant d’être partiellement suspendue.
La réaction de Bruxelles dans les prochains jours sera déterminante : accepter la remise en cause de l’accord de juillet sans riposter risquerait d’affaiblir durablement la position européenne dans les négociations commerciales avec Washington.















