Les ventes de voitures électriques ont bondi de 48,9 % dans l’Union européenne en mars 2026 par rapport à la même période l’an dernier. Avec 234 532 immatriculations sur le seul mois de mars, la part de marché du véhicule électrique dépasse désormais les 20 % dans l’UE — contre à peine 15 % un an plus tôt. Les données publiées le 23 avril 2026 par l’Association des constructeurs automobiles européens (ACEA) confirment une dynamique quasi généralisée à l’ensemble du continent.

Un seuil symbolique franchi, presque partout en même temps

En intégrant la Norvège, la Suisse, l’Islande et le Royaume-Uni, le volume mensuel atteint 344 064 véhicules électriques, portant la part de marché à près de 22 % pour l’Europe élargie. C’est la première fois que les statistiques de l’ACEA affichent une progression aussi large et homogène.

Seuls deux pays enregistrent un léger recul en mars : les Pays-Bas (-0,4 %, soit 42 véhicules en moins) et le Luxembourg (-3,4 %, 48 unités manquantes). Des écarts si minimes qu’ils ne remettent pas en cause la tendance générale.

La guerre en Iran est citée comme un facteur ayant accéléré les ventes à l’échelle du continent, selon l’ACEA.

Les pays historiquement à la traîne rattrapent leur retard

L’Italie, longtemps considérée comme l’un des marchés les plus résistants à l’électrique, illustre bien ce rattrapage. Sa part de marché est passée de 5,4 % à 8,7 % en un an, portée notamment par la relance des aides à l’achat d’une voiture électrique en 2025. En mars, les immatriculations de véhicules 100 % électriques y progressent de +72,1 %.

Les cinq pays les plus en retard fin 2023 ont tous enregistré des hausses significatives depuis :

PaysPart VE (oct. 2023)Part VE (mars 2026)Évolution annuelle (mars)
Croatie2,7 %5,5 %+442,7 %
Italie3,9 %8,7 %+72,1 %
Pologne3,5 %5,3 %+47,4 %
Slovaquie2,4 %5,2 %+22,7 %
République tchèque2,3 %6,4 %+10,4 %

Un premier trimestre 2026 qui confirme l’élan

Sur l’ensemble du premier trimestre, 546 937 voitures électriques ont été immatriculées dans l’UE, représentant une part de marché de 19,4 % et une hausse de 32,5 % par rapport au T1 2025. Cette progression dépasse celle des hybrides rechargeables (+29,7 %) et des hybrides classiques (+12,8 %).

Dans le même temps, les motorisations thermiques reculent nettement : les immatriculations diesel chutent de 15,7 %, celles des voitures à essence de 18,2 %.

Sur l’Europe élargie, le total trimestriel atteint 723 704 unités, soit une part de marché de 20,6 %. À cette échelle, les véhicules électriques talonnent désormais les voitures à essence. Parmi les grandes nations, la France affiche +50,4 % avec 112 083 immatriculations, l’Allemagne +41,3 % avec 159 630 unités, et l’Espagne +41,6 %. Seuls la Belgique (-2,3 %), le Luxembourg (-8,4 %) et les Pays-Bas (-23,3 %) terminent le trimestre en négatif.

Si la dynamique se maintient au rythme du premier trimestre, 2026 pourrait marquer l’année où l’électrique s’impose définitivement comme motorisation de référence sur le marché européen.