Le dispositif d’aide aux travailleurs dépendants de leur voiture suscite un engouement massif. Ouverte le 27 mai 2026 sur le site impots.gouv.fr, la prime « grands rouleurs » a déjà enregistré près de 440 000 demandes en l’espace de quatre jours, soit plus de 100 000 par jour. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a lui-même annoncé ce chiffre sur le réseau social X.

Qui peut prétendre à ces 100 euros ?

L’aide, qui sera versée en juin, cible les actifs modestes contraints d’utiliser leur véhicule pour se rendre au travail. Le gouvernement estime que trois millions de travailleurs sont potentiellement concernés. Le rythme observé dépasse largement les 184 000 demandes déposées dès les premières heures d’ouverture du portail.

Pour en bénéficier, plusieurs conditions doivent être réunies simultanément :

  • Résider en France et y avoir été domicilié fiscalement en 2024
  • Être né avant le 1er janvier 2009
  • Afficher un revenu fiscal de référence par part inférieur ou égal à 16 880 euros au titre de 2024
  • Justifier d’au moins 30 km aller-retour quotidiens entre domicile et lieu de travail, ou de 8 000 km annuels effectués dans le cadre professionnel

Un budget doublé pour répondre à la flambée des prix

Le montant de la prime a été revu à la hausse avant même son lancement : initialement fixé à 50 euros, il a finalement été porté à 100 euros. En conséquence, l’enveloppe dédiée au dispositif est passée de 160 à 320 millions d’euros.

Cette mesure s’inscrit dans un plan d’urgence plus large de 1,2 milliard d’euros, mis en place pour faire face à la hausse continue des prix à la pompe depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, fin février.

Un choix politique assumé face à la crise énergétique

Sébastien Lecornu a défendu l’orientation du gouvernement dans un message publié le 31 mai :

« Face à la crise énergétique, nous avons fait un choix simple : cibler nos aides pour soutenir l’activité et le travail, et veiller à ce que chaque euro d’argent public soit dépensé utilement. »

Avec un rythme de dépôt de dossiers aussi soutenu, la question de l’absorption de la demande par les services fiscaux — et du respect du calendrier de versement en juin — sera déterminante pour évaluer la réussite opérationnelle du dispositif.