Fin du financement du permis de conduire via le CPF : seuls les demandeurs d’emploi pourront encore en bénéficier. Découvrez l’impact concret de cette nouvelle règle.

Une fin annoncée pour le financement du permis via le CPF

À partir de 2026, le compte personnel de formation (CPF) ne permettra plus la prise en charge du permis de conduire pour la majorité des salariés. Cette mesure, confirmée dans le budget 2026, redéfinit l’accès à la mobilité professionnelle en France.

Ce changement marque un virage majeur. Depuis 2019, des centaines de milliers d’actifs utilisaient leur CPF pour obtenir le précieux sésame. Le financement du permis de conduire constituait un levier important pour accéder ou évoluer dans l’emploi, en particulier dans les territoires peu desservis par les transports collectifs.

Qui conserve le droit de financer son permis avec le CPF ?

La réforme prévoit une exception notable : les demandeurs d’emploi pourront toujours mobiliser leur CPF pour financer leur permis de conduire. Cette décision vise à soutenir l’accès ou le retour à l’emploi, où la mobilité reste déterminante.

Pour tous les autres profils — salariés, intérimaires, aides à domicile, travailleurs ruraux —, l’accès au financement du permis via le CPF sera supprimé. De nombreux Français modestes perdent ainsi un soutien devenu essentiel dans leur parcours professionnel.

Pourquoi une telle décision ?

Le gouvernement souhaite réduire le budget consacré à la formation professionnelle en limitant le financement du permis de conduire par le CPF. Entre 2023 et 2024, près de 1,5 million de permis ont été financés grâce à ce dispositif, représentant un coût significatif pour les finances publiques.

Cette décision intervient dans un contexte de hausse continue du prix du permis de conduire, qui pèse de plus en plus lourdement sur les ménages modestes.

En recentrant l’usage du CPF sur d’autres priorités comme le bilan de compétences, l’État favorise la reconversion plutôt que l’autonomie liée à la mobilité individuelle. Cette orientation suscite débats et interrogations.

Quelles réactions et conséquences pour les usagers ?

Inquiétudes chez les professionnels et futurs conducteurs

Les auto-écoles et les associations d’usagers ont rapidement fait part de leur mécontentement. Depuis cinq ans, le permis de conduire figurait parmi les formations les plus demandées via le CPF, couvrant parfois tout ou partie du coût.

L’arrêt de ce financement soulève de vives inquiétudes. De nombreux métiers nécessitent le permis, surtout en zone rurale ou périurbaine. Sans ce soutien, certains travailleurs pourraient voir leurs perspectives professionnelles sérieusement compromises.

Des disparités accrues entre zones rurales et urbaines ?

L’impact se fait sentir principalement hors des grandes villes. Là où les transports en commun sont rares, le permis de conduire devient un outil indispensable au quotidien. La suppression du financement CPF pourrait accentuer le fossé entre citadins et habitants des campagnes.

La question sociale est posée : comment garantir à chacun une chance égale d’accéder à la mobilité ? L’égalité d’accès au permis semble menacée, selon plusieurs associations et élus locaux.

Suppression de l’aide aux apprentis : un autre revers

Au-delà des salariés, l’arrêt du financement CPF touche aussi les jeunes en formation. Les apprentis, jusque-là aidés par une subvention forfaitaire de 500 euros pour passer le permis, perdront également ce coup de pouce.

Cette suppression frappe une génération désireuse de s’insérer dans le monde du travail. Elle complique l’accès à l’emploi dans les secteurs où la conduite est un atout, voire une exigence incontournable.

Chiffres-clés du permis financé par le CPF

AnnéeNombre de permis financés% des formations via CPFCoût moyen par permis (en €)
20231 500 00023 %1 500 à 2 000

Ce succès populaire est désormais compromis. Seuls les chiffres des prochaines années diront si la mobilité professionnelle sera durablement freinée.

Vers un CPF recentré sur la reconversion

  • CPF réservé au permis de conduire uniquement pour les demandeurs d’emploi
  • Suppression de l’aide financière dédiée aux apprentis
  • Priorité donnée aux actions telles que le bilan de compétences

Pour l’exécutif, la priorité va à la reconversion professionnelle et à l’adaptation des compétences. Ce choix interroge, alors que beaucoup espéraient un accompagnement renforcé vers l’autonomie des actifs. L’avenir du financement du permis de conduire s’inscrit désormais dans un cadre plus restreint, recentré sur l’employabilité directe.

Reste à observer comment organismes de formation, employeurs et individus s’adapteront à ces nouvelles règles. D’autres dispositifs viendront-ils compenser la perte de ce levier d’émancipation qu’était le CPF permis de conduire ? L’avenir nous le dira.