Le permis B ne sera plus finançable via le compte personnel de formation (CPF) pour la majorité des actifs. Nouvelle étape, nouvelle donne.
La mesure phare du budget 2026 : recentrage du CPF sur l’emploi
Depuis janvier 2026, les règles évoluent pour le financement du permis de conduire. Seuls les demandeurs d’emploi pourront utiliser leur compte personnel de formation pour obtenir ce précieux sésame. Cette fin du financement du permis via le CPF marque un tournant pour de nombreux actifs.
Depuis son ouverture en 2019, financer le permis B grâce au CPF était devenu une solution prisée par de nombreux Français. Environ un candidat sur quatre utilisait ces droits pour payer sa formation. Ce changement bouleverse donc profondément les habitudes d’accès au permis de conduire pour les actifs.
Cette réorientation interroge plus largement la place de la mobilité dans les parcours professionnels, à l’heure où les déplacements liés au travail évoluent avec la transition écologique des usages automobiles professionnels.
Pourquoi cette restriction arrive-t-elle ?
Le gouvernement souhaite redéfinir la vocation du CPF. L’objectif affiché n’est pas seulement de réaliser des économies mais surtout de privilégier le financement d’actions liées à la reconversion professionnelle, telles que les bilans de compétences. Avec près de 23 % des formations financées en 2023 concernant le permis, la question de la pertinence de son maintien se posait.
Au fil des années, certains ont vu dans le recours au CPF pour le permis une forme d’opportunisme, alors que le dispositif vise avant tout l’employabilité. Résultat : seules les personnes en recherche active d’un emploi – pour qui le permis représente souvent une vraie chance d’insertion – auront encore accès à ce financement.
- Salariés : exclus de cette aide depuis 2026.
- Demandeurs d’emploi : conservent le financement du permis via le CPF.
- Employeurs : possibilité de contribuer via d’autres dispositifs si besoin.
- Apprentis : disparition de l’aide complémentaire de 500 euros pour le permis.
L’impact massif sur les candidats et les auto-écoles
En quelques années, le CPF est devenu un soutien incontournable pour obtenir le permis de conduire. Près de 1,5 million de personnes y faisaient appel chaque année selon les derniers chiffres. Pour les auto-écoles, cela représentait un quart de leur clientèle liée au permis B. Un véritable bouleversement s’annonce pour leur modèle économique.
Le prix moyen du permis ne cesse d’augmenter. En dix ans, il a bondi de près de 20 %, passant d’environ 1 600 euros à presque 1 900 euros aujourd’hui. Cette hausse pèse désormais plus lourdement sur de nombreux jeunes adultes et ménages modestes, qui comptaient sur leur épargne CPF pour financer ce projet.,
Cette hausse du prix du permis s’ajoute à un ensemble de dépenses souvent sous-estimées liées à l’automobile, comme le montre le coût réel mensuel d’une voiture en France.
Qui sont les véritables perdants de cette réforme ?
La fin du financement du permis via le CPF pour les salariés touche en premier lieu les populations rurales, intérimaires, aides à domicile et autres professionnels nécessitant des déplacements fréquents. Beaucoup avaient patiemment cumulé leurs droits, parfois avec cet objectif précis.
L’inquiétude grandit chez les associations et professionnels du secteur. Ils mettent en garde contre deux risques majeurs : un frein à la mobilité professionnelle et une possible hausse de la conduite sans permis chez les jeunes ou précaires. Selon certains sondages, un jeune sur cinq envisagerait même de prendre des risques plutôt que de reporter son projet d’autonomie.
Habitants des zones rurales et salariés modestes : quelles alternatives ?
L’absence de soutien CPF oblige ces personnes à trouver d’autres solutions pour financer le permis. Les banques proposent parfois des prêts dédiés, mais ils impliquent un engagement financier important. Certaines régions maintiennent des aides spécifiques pour les chômeurs, mais elles deviennent rares pour les actifs. Cette fin du financement du permis via le CPF laisse de nombreux candidats sans solution simple, en particulier dans les territoires peu desservis par les transports collectifs.
Pour ceux qui souhaitent continuer à enrichir leur parcours professionnel avec le CPF, d’autres options existent. Bilans de compétences, validation des acquis de l’expérience ou certifications spécialisées prennent désormais le relais. Reste à voir si cela suffira à compenser l’impact sur la mobilité quotidienne, notamment hors des grandes villes.
| Bénéficiaires du CPF permis de conduire | Situation avant 2026 | Situation à partir de 2026 |
|---|---|---|
| Salariés | Accès ouvert | Accès fermé |
| Demandeurs d’emploi | Accès ouvert | Accès maintenu |
| Jeunes apprentis | Aide financière complémentaire | Aide supprimée |
| Actifs ruraux/périphérie | Usage courant du CPF | Restriction appliquée |
Les modalités officielles du CPF et ses évolutions sont détaillées par les services publics.
Vers quel avenir pour le financement du permis de conduire ?
Le recentrage du CPF s’accompagne d’une refonte profonde du dispositif. D’un outil polyvalent soutenant toutes sortes de formations utiles au quotidien, il devient un levier prioritaire d’aide à l’évolution professionnelle et à la lutte contre le chômage.
Ce tournant rappelle combien l’accès à la mobilité demeure crucial, notamment pour les jeunes et les populations éloignées de l’emploi. Déjà, des appels émergent pour repenser des alternatives inclusives et adaptées aux réalités locales.
Secteur automobile et formation : face à une mutation inédite
Les auto-écoles vont devoir adapter leur offre. Ce nouveau contexte pourrait intensifier la concurrence entre acteurs traditionnels et plateformes digitales spécialisées dans les permis à coûts réduits. Les inscriptions pourraient baisser, poussant certains établissements à revoir tarifs et pédagogie.
Avec cette réforme du CPF, le débat sur la démocratisation de l’automobile reprend de plus belle. Trouver un équilibre entre soutien à l’émancipation individuelle et objectifs budgétaires n’a jamais été aussi délicat.















