Le gouvernement prépare une nouvelle aide à l’achat d’une voiture électrique, réservée aux conducteurs qui parcourent beaucoup de kilomètres pour travailler. Plafonnée à 7 700 euros, elle doit être disponible dès septembre 2026 et comble un angle mort des dispositifs actuels.
Une aide pour les oubliés des dispositifs actuels
Jusqu’ici, les aides à l’achat visaient surtout les ménages les plus modestes. Le Coup de pouce CEE plafonne à 5 700 euros et se calcule sur les revenus, tandis que le leasing social s’arrête au cinquième décile de revenus.
Résultat : de nombreux actifs se retrouvaient entre deux chaises — gagnant trop pour bénéficier des aides maximales, sans avoir pour autant les moyens d’acheter facilement une électrique neuve. La nouvelle prime « gros rouleurs » cible précisément ces ménages, situés dans les sixième à huitième déciles de revenus (soit environ 27 160 à 34 730 euros par an). Le gouvernement cite en exemple les professionnels de santé libéraux en milieu rural — infirmiers, aides-soignants, sages-femmes — ou encore les artisans dont la tournée quotidienne ressemble à une étape de rallye.
La condition principale : rouler beaucoup pour travailler
Le cœur du dispositif tient dans un critère d’usage. Pour être éligible, il faudra utiliser son véhicule personnel dans le cadre de son activité professionnelle et parcourir au moins 12 000 kilomètres par an. L’idée est de cibler ceux pour qui le choix du véhicule a un impact financier concret, car ce sont eux qui économiseront le plus en passant à l’électrique.
Pour ces conducteurs, l’aide peut faire basculer une décision d’achat : sur un modèle affiché à 30 000 euros, une prime de 7 700 euros ramène le reste à charge à un niveau bien plus abordable, sans compter les économies de carburant réalisées ensuite au quotidien.
À ne pas confondre, en revanche, avec la prime carburant de 100 euros versée au printemps 2026 : celle-ci visait à amortir la hausse des prix à la pompe, tandis que la prime « gros rouleurs » est une aide à l’achat d’un véhicule électrique, d’une tout autre ampleur.
Quels véhicules et quel montant ?
Les critères sur le véhicule reprennent ceux déjà en vigueur pour les autres aides : la voiture doit être 100 % électrique, peser moins de 2,4 tonnes, afficher un éco-score d’au moins 60 (ce qui écarte de fait les modèles produits loin de l’Europe) et coûter moins de 47 000 euros.
Le plafond de 7 700 euros — soit 5 700 euros complétés par 2 000 euros — est réservé aux véhicules dont la batterie est assemblée en Europe. En dessous de ce cas de figure, le barème précis n’a pas encore été publié : c’est l’une des grandes inconnues qui subsistent à ce stade.
Un calendrier serré
Financée par le mécanisme des certificats d’économies d’énergie (CEE), l’aide doit ouvrir début septembre 2026 pour s’achever le 31 décembre de la même année. Un guichet de quatre mois seulement, pour un volume annoncé de 50 000 dossiers — le même que le leasing social.
Plusieurs points restent à préciser avant l’ouverture : le barème exact, les justificatifs attendus pour prouver les 12 000 kilomètres annuels, et la forme même de l’aide (achat direct ou éventuelle formule locative). Les futurs acquéreurs concernés ont donc tout intérêt à préparer leur dossier en amont, d’autant que les enveloppes des dispositifs de ce type partent généralement très vite.















