La Finlande pourrait autoriser le système de conduite autonome supervisée de Tesla avant la décision attendue à l’échelle de l’Union européenne en octobre 2026. L’Agence finlandaise des transports et des communications, Traficom, a annoncé être prête à accélérer son calendrier d’évaluation dès la fin de l’été.

Un feu vert finlandais possible avant l’échéance européenne

Traficom a indiqué que son avis global sur le système Full Self-Driving (FSD) de Tesla était positif. L’agence souligne même le potentiel du dispositif pour réduire les accidents liés au facteur humain, d’autant que la dernière mise à jour du logiciel a nettement amélioré sa réactivité. Elle pourrait rendre sa décision après l’été, à condition d’obtenir les informations complémentaires nécessaires sur plusieurs points d’évaluation en cours.

La prochaine réunion entre États membres est programmée au 30 juin. Elle ne donnera pas lieu à un vote, mais portera sur l’exemption pour technologie nouvelle réclamée par l’autorité néerlandaise. Le vote du comité européen, lui, est attendu en octobre 2026. Une décision finlandaise anticipée s’inscrirait dans un mouvement déjà engagé par plusieurs pays du continent.

Une dynamique européenne qui s’accélère

Les Pays-Bas ont ouvert la voie en avril, devenant le premier pays européen à accorder une autorisation provisoire au FSD de Tesla. La Lituanie, l’Estonie et le Danemark ont depuis emboîté le pas, étendant un déploiement européen dont la France reste pour l’instant exclue. Reuters avait rapporté en mai que Tesla avait contacté plusieurs États membres, dont la Finlande, dans la foulée de cette première autorisation néerlandaise.

Pour qu’un déploiement à l’échelle de l’UE soit possible, le système doit recueillir le soutien d’une majorité qualifiée d’États membres, représentant au moins 55 % de la population et 65 % du territoire. Plusieurs autorités de régulation ont toutefois exprimé des réserves.

Ce que Traficom examine encore

Trois points techniques retiennent particulièrement l’attention des régulateurs finlandais :

  • la rapidité avec laquelle le conducteur peut reprendre le contrôle du véhicule ;
  • les dépassements en conditions de faible visibilité sur les routes finlandaises ;
  • la fonction de compensation de vitesse, qui suscite aussi des inquiétudes en Suède et en Norvège.

Ces interrogations reflètent les spécificités des conditions de conduite nordiques — obscurité, verglas, visibilité variable — distinctes de celles des pays d’Europe occidentale ayant déjà accordé leur autorisation. Elles prolongent les réticences nordiques qui jalonnent le parcours réglementaire du FSD en Europe.

Un parc automobile finlandais déjà partiellement équipé

Environ 6 500 véhicules en Finlande sont dotés du système FSD, soit 0,24 % des 2,7 millions de voitures particulières en circulation dans le pays. Comme le système exige une supervision humaine permanente, il n’est pas classé comme entièrement autonome.

Traficom a par ailleurs indiqué que de véritables véhicules autonomes, sans supervision humaine, pourraient circuler sur les routes finlandaises dès 2028. Le vote européen d’octobre constituera une étape décisive pour déterminer si le FSD de Tesla peut être déployé à grande échelle sur le continent.