Ferrari franchit un cap historique avec la Luce, sa toute première voiture entièrement électrique. Présentée à Rome, cette berline de 5,02 mètres affiche 1 040 chevaux, une autonomie annoncée de 530 km et un tarif de 550 000 euros en Italie. Les premières livraisons sont prévues pour le dernier trimestre.
Un design signé par l’ancien créateur de l’iPhone
Pour concevoir la Ferrari Luce — « lumière » en italien —, Maranello a confié le design au studio LoveFrom, cofondé par Marc Newson et Sir Jony Ive, l’homme derrière l’iPhone, l’iPad et l’Apple Watch. Un choix délibérément radical, assumé par Enrico Galliera, directeur marketing et ventes : « Nous voulons élargir la communauté des Ferraristi. »
La silhouette en coin, avec son habitacle en forme de goutte d’eau, affiche un coefficient aérodynamique de 0,254. Le pavillon culmine à 1,54 m, les roues mesurent 23 pouces à l’avant et 24 à l’arrière. Les feux arrière en iris rappellent la 360 Modena, tandis qu’une palette de teintes pastel tranche avec les codes habituels de la marque.
Quatre moteurs, quatre roues directrices, 2,5 secondes pour atteindre 100 km/h
La plateforme est entièrement inédite : une structure en aluminium largement recyclé, développée spécifiquement pour ce modèle. La masse à vide atteint 2 260 kg, soit 230 kg de plus qu’un Purosangue. Pourtant, Gianmaria Fulgenzi, responsable du développement, promet une sensation de conduite équivalente à une voiture de 1 700 kg.
La clé de cette promesse réside dans un système de vectorisation du couple exploitant simultanément quatre moteurs synchrones à aimants permanents, quatre roues directrices et quatre amortisseurs actifs. Les performances annoncées sont éloquentes :
- 1 040 ch et 990 Nm de couple cumulés
- 0 à 100 km/h en 2,5 secondes
- 0 à 200 km/h en 6,8 secondes
- Vitesse maximale de 310 km/h
Ferrari qualifie la Luce de « Ferrari la plus confortable jamais produite ». L’absence de tunnel central — une première dans l’histoire de la marque — permet d’accueillir jusqu’à cinq passagers, avec un plancher plat et un généreux espace aux jambes à l’arrière.
Une batterie de 122 kWh et une recharge à 350 kW
La batterie NMC (nickel-manganèse-cobalt) de 122 kWh, logée dans le plancher, alimente une autonomie WLTP de 530 km. La recharge atteint 350 kW, permettant de récupérer 70 kWh en 20 minutes. La conception modulaire en cellules poches vise à faciliter la maintenance et d’éventuelles évolutions sur le long terme.
Les moteurs arrière tournent jusqu’à 25 500 tr/min, ceux de l’avant jusqu’à 30 000 tr/min. Des berceaux et garnitures spécifiques isolent l’habitacle des vibrations générées à ces régimes extrêmes.
L’expérience sensorielle au cœur du projet
Ferrari a soigné chaque interaction à bord, prolongeant l’approche centrée sur le design et l’innovation de la Ferrari Luce. Le volant à jante fine, les trois compteurs ronds enchâssés dans une dalle OLED, la tablette centrale de 12 pouces orientable, la clé physique qui s’enfonce dans la console en verre incassable : chaque geste a été pensé pour renouer avec le plaisir tactile.
En mode Performance, activé via le manettino, le son diffusé dans l’habitacle n’est pas une création artificielle : il provient d’un accéléromètre capté directement sur le carter des moteurs arrière, amplifié puis restitué. Une approche qui préserve l’authenticité sonore sans imiter un moteur thermique.
Positionnée au-dessus du Purosangue et de la 812 Superfast dans la hiérarchie tarifaire de la marque, la Luce marque une rupture assumée dans l’histoire de Ferrari. La réaction des collectionneurs historiques et des nouveaux acheteurs issus de la tech sera déterminante pour mesurer si ce pari audacieux tient ses promesses commerciales.















