La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a contrôlé 1 613 garages en 2024 et constaté des anomalies dans 40 % d’entre eux. Ces résultats, dévoilés le 3 juin par l’association Que Choisir Ensemble, révèlent des pratiques préoccupantes allant de l’absence d’affichage des tarifs à la facturation de pièces jamais posées.
Des pièces facturées mais jamais montées
Parmi les manquements les plus fréquents, la DGCCRF pointe l’absence d’affichage des tarifs pour des prestations systématiquement facturées : frais de gardiennage, de diagnostic ou de main-d’œuvre. Ces informations sont pourtant obligatoires.
Plus grave, des enquêteurs ont relevé des cas où des pièces apparaissaient sur la facture — et étaient donc réglées par le client — sans avoir été installées sur le véhicule. Une pratique frauduleuse qui constitue l’infraction la plus sérieuse relevée lors de cette campagne. Ce type d’abus rend d’autant plus utile la maîtrise du marché par les automobilistes, qui peuvent aussi se renseigner sur les filières pour acheter des pièces détachées en toute transparence.
Sur l’ensemble des suites données, la DGCCRF a privilégié une logique d’accompagnement plutôt que de répression :
- 580 avertissements adressés aux professionnels concernés
- 497 injonctions de mise en conformité
- 224 procès-verbaux administratifs ou pénaux
Les pièces d’occasion, une obligation trop souvent ignorée
Depuis 2019, tout garage est tenu de proposer des pièces de réemploi (d’occasion) pour les véhicules hors garantie. Or, nombreux sont les professionnels qui omettent de mentionner cette option, ou qui en minimisent les avantages au profit des contraintes.
« Cette proposition est importante puisqu’elle permet de préserver le pouvoir d’achat des automobilistes », rappelle Florian Simonneau, porte-parole de la DGCCRF. La répression des fraudes entend continuer à surveiller ce point.
Le défapage dans le viseur des enquêteurs
La DGCCRF s’est également penchée sur le « défapage », une pratique qui consiste à retirer le filtre à particules des véhicules diesel. Cette opération est strictement interdite : sans ce filtre, les suies ne sont plus traitées et sont rejetées directement dans l’atmosphère, faisant exploser le taux de pollution du véhicule.
Pour détecter ces pratiques, les enquêteurs ont notamment surveillé les réseaux sociaux. « Nous avons aussi un contrôle des influenceurs qui donnent des conseils de diverses manières », précise Florian Simonneau.
Un taux en hausse qui reflète un meilleur ciblage
En 2022, lors de la précédente campagne de contrôle, 30 % des garages avaient été mis en cause. Le bond à 40 % en 2024 ne traduit pas nécessairement une dégradation du secteur. « Plus ce chiffre est élevé, plus il est la preuve que le ciblage a correctement été effectué », affirme le porte-parole de la DGCCRF.
La direction s’appuie désormais sur la plateforme SignalConso, qui recense les signalements de consommateurs, pour orienter ses contrôles vers les établissements déjà cités. En 2025, cette plateforme a enregistré plus de 10 000 signalements liés à l’entretien et à la réparation automobile, soit environ 2 % du total des signalements reçus — ce qui place ce secteur parmi ceux générant le plus de plaintes.
Face à ces constats, la DGCCRF recommande aux automobilistes de systématiquement exiger un devis détaillé, puis un ordre de réparation signé, avant toute intervention sur leur véhicule. Des réflexes simples qui constituent la première ligne de défense contre les abus — particulièrement importants à l’approche des grands départs, alors que la révision avant les vacances se planifie souvent dans l’urgence.















