Le parc de radars automatiques français est appelé à presque doubler d’ici 2031, selon les projections de la Cour des comptes. En parallèle, les amendes routières ont battu un nouveau record en 2025, avec 2,13 milliards d’euros de recettes pour l’État. Décryptage d’une tendance de fond qui concerne tous les automobilistes.

Un parc qui va presque doubler d’ici 2031

Les chiffres, révélés par la Cour des comptes, impressionnent : la France comptait 4 819 radars automatiques fin 2025, et ce parc devrait atteindre 9 819 appareils fin 2031. En six ans, le nombre de dispositifs de contrôle va donc quasiment doubler, avec environ 1 000 nouveaux radars ajoutés chaque année à partir de 2026.

Cette accélération tient en grande partie à l’arrivée des radars urbains voulus par les collectivités locales, longtemps bloqués pour des raisons administratives. Rendue possible par la loi de décentralisation dite 3DS, leur installation devient réalité : l’Ugap, la centrale d’achats de l’État, a retenu ses fournisseurs pour un marché portant sur 5 000 appareils. Les communes ne pourront toutefois pas les acheter, mais seulement les louer en longue durée.

2025, une année record de contraventions

Côté sanctions, le millésime 2025 a établi un nouveau sommet. Au total, ce sont près de 44,84 millions de contraventions qui ont été dressées, soit un million de plus qu’en 2024. Les radars ont à eux seuls généré 15,2 millions d’avis de contravention, auxquels s’ajoutent près de 13 millions de procès-verbaux électroniques dressés par les forces de l’ordre.

Financièrement, l’ensemble des infractions routières a rapporté 2,13 milliards d’euros à l’État, dont 689 millions issus des seuls radars automatiques. Un montant en hausse, mais qui reste inférieur aux prévisions budgétaires : la Cour des comptes pointe d’ailleurs un déficit de recettes de 64 millions d’euros par rapport aux attentes. Bon à savoir pour les conducteurs concernés : face à un avis de contravention jugé infondé, il reste toujours possible de contester une amende dans les délais légaux.

Sécurité routière ou ressource budgétaire ?

Cette montée en puissance nourrit un débat récurrent. Les pouvoirs publics présentent l’extension du parc comme un levier de sécurité routière, destiné à sécuriser les axes accidentogènes et les zones urbaines à 50 km/h. Personne ne conteste l’intérêt de protéger un carrefour dangereux.

Mais plusieurs voix, dont celle de la Cour des comptes, s’interrogent sur la place croissante des amendes dans le budget de l’État. L’institution relève que les documents budgétaires anticipent année après année des recettes massives, et que seule une partie des sommes générées est effectivement fléchée vers la sécurité routière. De quoi alimenter la critique de ceux qui y voient davantage une manne financière qu’un pur outil de prévention. Rappelons que les radars nouvelle génération, notamment les modèles urbains, sont capables de détecter plusieurs types d’infractions au-delà du seul excès de vitesse.

Ce que cela change pour les conducteurs

Concrètement, l’automobiliste français va évoluer dans un environnement routier plus surveillé que jamais, en particulier en ville où se concentreront les nouveaux appareils. La vigilance reste donc le meilleur réflexe, d’autant que les zones limitées à 50 ou 30 km/h laissent peu de marge à l’erreur.

Il est utile de rappeler que les radars appliquent une marge technique de tolérance avant de déclencher, sans que celle-ci ne constitue pour autant une autorisation de rouler plus vite. Pour bien comprendre comment elle fonctionne, notre guide sur la marge d’erreur des radars détaille les seuils appliqués selon les cas. À l’heure où le contrôle automatisé s’intensifie, connaître précisément ces règles n’a jamais été aussi utile.