Le numéro un français des auto-écoles en ligne Ornikar a annoncé mardi le rachat de son principal rival, En Voiture Simone, une opération qui lui permettra de contrôler 14 % du marché français et de poser les bases d’une expansion à l’échelle européenne. Les deux entreprises, fondées la même année en 2013, formeront ensemble un groupe pesant près de 145 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Un rapprochement qui redessine le secteur

Avec cette acquisition, Ornikar — qui revendiquait jusqu’ici 10 % du marché — gagne quatre points supplémentaires en intégrant les parts de son concurrent. Le nouvel ensemble accueillera 100 000 nouveaux élèves au permis chaque année : 70 000 issus d’Ornikar et 30 000 d’En Voiture Simone.

La structure combinée s’appuiera sur 3 000 enseignants indépendants partenaires et comptera 276 collaborateurs au total, dont 230 chez Ornikar et 46 chez En Voiture Simone. Le million d’élèves inscrits à la préparation du code de la route complète ce tableau.

Ornikar, qui a levé au moins 146 millions d’euros depuis sa création, ne compte pas s’arrêter là. Son PDG Philippe Maso y Guell Rivet et son cofondateur Benjamin Gaignault ont affiché l’ambition de poursuivre la croissance externe pour bâtir un futur leader européen du secteur.

Un modèle qui casse les prix face aux agences traditionnelles

À la différence des auto-écoles classiques, Ornikar et ses homologues ne disposent ni de locaux physiques ni de flotte de véhicules, et leurs moniteurs exercent en tant qu’indépendants. Ce modèle allégé a permis de faire chuter le coût moyen d’obtention du permis : 1 500 euros aujourd’hui, contre 2 500 euros avant l’émergence des plateformes en ligne, selon le PDG.

Les acteurs du numérique affichent une croissance annuelle de 15 à 20 %, sur un marché global quasi stable où le nombre de permis délivrés tourne autour du million par an. Les quatre principaux groupes en ligne ne représentent encore que 20 % du marché total, ce qui laisse une marge de progression considérable.

Des tendances de fond qui transforment l’apprentissage

Le secteur enregistre plusieurs évolutions notables. LL’âge moyen de passage du permis a reculé, passant de 21 ans il y a treize ans à 25-26 ans aujourd’hui, même si 80 % des candidats restent des jeunes de 17-18 ans. Depuis 2024, l’âge minimum légal a d’ailleurs été abaissé à 17 ans.

Autre tendance marquante : la progression fulgurante des permis boîte automatique, en hausse de 40 % par an. Une « formation passerelle » de sept heures permet ensuite de le convertir en permis classique.

Ornikar s’est par ailleurs diversifiée au-delà de la formation, en développant des offres d’assurance automobile et de financement de véhicules, toujours à destination des jeunes conducteurs. La consolidation du marché en ligne, encore loin d’avoir atteint sa maturité, devrait s’accélérer dans les prochains mois.