Tesla vient de déposer les documents d’homologation du Cybercab auprès de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), levant enfin le voile sur les caractéristiques techniques définitives de son taxi autonome. Présenté sous forme de prototype en 2024, le véhicule n’avait jusqu’alors aucune donnée officielle confirmée.
Un poids plume dans le monde des électriques
Le chiffre qui frappe d’emblée : le Cybercab n’accuse que 1 410 kilogrammes sur la balance. Selon InsideEVs, qui a analysé les documents repérés par Car and Driver, il s’agirait de la voiture électrique la plus légère actuellement commercialisée aux États-Unis. Une performance notable dans un segment où les batteries alourdissent considérablement les véhicules.
Strictement biplace, le coupé affiche une charge utile d’environ 280 kilogrammes, suffisante pour accueillir deux passagers avec leurs bagages.
Ce que cachent les chiffres d’autonomie
Le Cybercab embarque une batterie lithium-ion d’une capacité de 47,6 kWh. Les tests bruts de laboratoire indiquent des valeurs séduisantes — 673 km en cycle mixte et 604 km sur autoroute — avec une consommation record de 10,25 kWh/100 km que peu de VE approchent.
L’EPA applique en effet un coefficient correcteur d’environ 0,7 pour tenir compte des conditions réelles : températures, climatisation, usage quotidien. L’autonomie effective tombe alors à environ 471 kilomètres, ce qui reste cohérent avec la promesse d’Elon Musk d’une autonomie « proche de 300 miles » par charge. La recharge s’effectuera principalement par induction, une technologie sur laquelle Tesla travaille depuis plusieurs années.
Motorisation et caractéristiques techniques
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Puissance | 163 kW (219 ch) |
| Transmission | Traction avant |
| Capacité de la batterie | 47,6 kWh |
| Poids à vide | 1 410 kg |
| Autonomie réelle estimée (EPA) | ~471 km |
| Freinage régénératif | Oui |
| Mode de recharge principal | Induction |
La puissance est acheminée vers les roues avant, avec un freinage régénératif intégré. Tesla n’a pas encore communiqué de données sur le 0 à 100 km/h ni sur la vitesse maximale.
Un véhicule autonome qui ne l’est pas encore légalement
Malgré sa vocation de taxi sans conducteur, le Cybercab reste classifié comme un véhicule autonome de niveau 2 par la réglementation en vigueur. Il ne peut donc pas circuler seul dans l’espace public — un obstacle réglementaire majeur que Tesla devra franchir avant tout déploiement commercial. Cette limitation rappelle que le mouvement des robotaxis autonomes avance progressivement, avec des déploiements régionaux en cours dans plusieurs pays.
La production aurait néanmoins déjà démarré, à cadence réduite dans un premier temps, avec une montée en régime progressive prévue. Une assemblage européen est également envisagé, depuis l’usine de Berlin.
Le prix, seule inconnue persistante
Lors de la présentation de 2024, Elon Musk avait évoqué un tarif inférieur à 30 000 dollars (environ 27 500 euros hors taxes). Ce chiffre n’a jamais été officiellement confirmé, et aucune date de commercialisation ferme n’a été annoncée. Avec des obstacles réglementaires encore à surmonter et une production balbutiante, le Cybercab reste un projet dont le calendrier réel demeure incertain — une habitude bien ancrée chez Tesla.















