Entre malus, carburant, assurances, péages et radars, la facture fiscale liée à l’automobile atteint entre 85 et 90 milliards d’euros par an en France, soit environ 2 900 euros par foyer. C’est le constat dressé par l’association Contribuables Associés dans une étude consacrée à la fiscalité routière, publiée alors que le marché automobile affiche un rebond de 3,7 % en mai 2026.

Une cinquantaine de taxes réparties sur toute la vie d’un véhicule

L’association recense pas moins d’une cinquantaine de prélèvements, regroupés en quatre grandes catégories : les taxes à l’acquisition, celles liées à la détention, les taxes d’usage, et enfin les sanctions et contributions spéciales. Chaque étape — achat, assurance, plein d’essence, passage en péage ou simple stationnement — donne lieu à un prélèvement.

Dès l’achat, le certificat d’immatriculation varie selon les régions : 53 euros par cheval fiscal en Corse, contre 60 euros en Provence-Alpes-Côte d’Azur. S’y ajoutent les malus : le malus CO2 démarre à 50 euros dès 108 g/km et peut grimper jusqu’à 80 000 euros pour les véhicules émettant à partir de 192 g/km. Le malus au poids, lui, s’applique à partir de 1 500 kg.

À la pompe, plus de la moitié du prix part en taxes

Le carburant concentre l’une des pressions fiscales les plus lourdes. L’accise (ex-TICPE) représente 59,4 centimes par litre de gazole et 68,3 centimes par litre d’essence. La TVA à 20 % s’applique ensuite non seulement sur le prix du carburant brut, mais aussi sur le montant de l’accise elle-même — une « taxe sur la taxe » selon l’étude. Au total, la fiscalité dépasse désormais 55 % du prix affiché en station-service.

Les contrats d’assurance ne sont pas en reste. Selon Contribuables Associés, les garanties liées à la responsabilité civile obligatoire sont taxées à 33 %, les dommages corporels du conducteur à 9 %, et les risques liés aux véhicules terrestres à moteur à 18 %. À cela s’ajoutent une contribution de 1,2 % au Fonds de garantie des assurances obligatoires et un forfait attentats de 6,50 euros prélevé sur chaque contrat.

Radars, péages et stationnement : la pression ne faiblit pas

Le réseau de 4 700 radars automatiques a généré 27,6 millions d’infractions en 2024. L’association dénonce une « tuyauterie budgétaire » dans laquelle une part significative des recettes sert au désendettement de l’État plutôt qu’à l’amélioration de la sécurité routière.

Sur les autoroutes, les tarifs ont progressé de 4,75 % en 2023, puis de 3 % en 2024, de 0,92 % en 2025 et de 0,86 % au 1er février 2026. Bercy prélèverait par ailleurs 36 % du chiffre d’affaires des sociétés concessionnaires comme Sanef ou APRR.

Le stationnement suit la même trajectoire. Plus de 16 millions de forfaits post-stationnement ont été émis en 2024. À Paris, les tarifs ont triplé pour les véhicules lourds, atteignant 18 euros de l’heure. Le forfait de non-paiement pour un SUV dans la capitale peut désormais s’élever à 225 euros, contre 75 euros pour une voiture standard.

Sept mesures proposées, mais un bilan à nuancer

Pour réduire cette pression, Contribuables Associés formule sept recommandations, parmi lesquelles l’affichage transparent de la part fiscale directement sur le ticket de caisse lors de chaque plein, et le gel des trajectoires fiscales pour mettre fin à ce que l’association qualifie d’instabilité permanente.

Ces conclusions appellent toutefois quelques nuances. Le réseau de radars automatiques coïncide avec une réduction de moitié du nombre de victimes sur les routes entre 2003 et 2025. Le contrôle technique, dont la TVA à 20 % alimente les caisses de l’État, contribue également à écarter les véhicules dangereux de la circulation. Quant aux automobilistes ayant basculé vers l’électrique, ils échappent à plusieurs de ces prélèvements, notamment ceux pesant sur le carburant et, dans certaines villes, sur le stationnement.