Pour la première fois de son histoire, Ferrari envisage de soumettre un de ses modèles aux évaluations de l’Euro NCAP. La Ferrari Luce, première voiture électrique de la marque de Maranello, affichée à 550 000 € l’unité, pourrait ainsi être détruite en plusieurs exemplaires lors de tests de sécurité indépendants.

Une rupture historique avec les habitudes de la marque

Jusqu’ici, Ferrari n’avait jamais soumis aucun de ses véhicules au protocole Euro NCAP. Ses supercars, produites en petites séries et vendues à prix très élevés, n’entraient pas dans le périmètre habituel de ces évaluations, conçues prioritairement pour les véhicules de grande diffusion. Aucune obligation réglementaire n’impose d’ailleurs cette démarche pour commercialiser un véhicule en Europe.

C’est lors d’une présentation technique organisée à Rome qu’un porte-parole de Ferrari a confirmé que les exigences de l’Euro NCAP figuraient parmi les objectifs de développement de la Luce. Une déclaration qui marque un tournant pour un constructeur qui avait jusqu’alors tenu ses modèles à l’écart des centres de crash-tests.

La Luce, un Ferrari pas comme les autres

Ce changement de posture s’explique en grande partie par la nature même du véhicule. Contrairement aux supercars traditionnelles de la marque, la Luce est une berline à quatre portes et cinq places, conçue pour un usage quotidien polyvalent. La présence de fixations Isofix à l’arrière illustre clairement la clientèle visée : des acheteurs susceptibles d’embarquer leur famille à bord.

Dans ce contexte, une évaluation indépendante de la sécurité prend un tout autre sens. Pour un acquéreur prêt à débourser plus d’un demi-million d’euros dans une voiture électrique familiale de luxe, une bonne note Euro NCAP pourrait constituer un argument de poids.

Une facture potentiellement record pour l’Euro NCAP

Si la Luce devait effectivement passer les tests, le coût de l’opération serait sans précédent. Une campagne complète mobilise généralement plusieurs véhicules détruits lors des différents essais :

  • Choc frontal
  • Impact latéral
  • Collision contre un poteau
  • Tests de protection des occupants et des usagers vulnérables

Avec au minimum quatre exemplaires nécessaires pour couvrir l’ensemble des essais destructifs, Ferrari pourrait sacrifier l’équivalent de plusieurs millions d’euros de véhicules. L’Euro NCAP n’a jusqu’ici que très rarement évalué des modèles dépassant les 200 000 à 250 000 euros.

Un signal fort pour le marché premium électrique

Au-delà de la sécurité, cette démarche traduit la volonté de Ferrari de faire de la Luce un véhicule à part entière, soumis aux mêmes standards que les autres références du segment électrique haut de gamme — alors que les voitures électriques ont franchi les 29 % de parts de marché en France en mai 2026.

Ferrari n’a toutefois pas confirmé officiellement la participation de la Luce aux essais Euro NCAP. Mais le simple fait d’inscrire cet objectif dans la feuille de route du développement constitue déjà, pour la marque au cheval cabré, un changement d’ère.