Le PDG de Mercedes-Benz, Ola Källenius, a déclaré au Wall Street Journal que le constructeur allemand était disposé à contribuer à l’effort de réarmement européen. Une ouverture conditionnée à la viabilité économique de l’opération, mais qui s’inscrit dans un mouvement de fond touchant désormais plusieurs géants du secteur automobile.

Un pivot stratégique dicté par la crise industrielle

« Le monde est devenu de plus en plus imprévisible, et il est clair que l’Europe doit augmenter ses dépenses militaires », a déclaré Källenius. « Nous sommes prêts à jouer un rôle », a-t-il ajouté, précisant toutefois que cela devait « faire sens du point de vue des affaires ».

Derrière cette ouverture, une réalité industrielle difficile : l’Allemagne subit de plein fouet les droits de douane américains, la concurrence des fabricants chinois et la flambée des coûts énergétiques. Les usines tournent au ralenti, et les chaînes de production cherchent de nouveaux débouchés.

Un mouvement qui dépasse les frontières allemandes

Mercedes-Benz n’est pas seul à envisager ce tournant. Plusieurs constructeurs ont déjà franchi le pas ou engagé des discussions concrètes :

  • Volkswagen négocie avec des entreprises israéliennes pour fabriquer des composants destinés au système de défense antimissile Dôme de fer.
  • Rheinmetall, groupe industriel allemand, s’est lancé dans la production de missiles et de drones.
  • Renault, poussé par le gouvernement français, assemblera prochainement des drones militaires, avec les premières unités attendues avant la fin de l’année.
  • Aux États-Unis, Ford et General Motors sont envisagés pour réapprovisionner les stocks de munitions de l’armée américaine.

L’accélération du réarmement européen comme catalyseur

Ce basculement intervient alors que les pays membres de l’Union européenne intensifient leurs dépenses militaires, en réponse au désengagement américain sur le continent. La demande en équipements de défense crée ainsi des opportunités industrielles que les constructeurs automobiles, confrontés à la difficile transition vers l’électrique, ne semblent plus vouloir ignorer.

La capacité de production, les savoir-faire en matière d’assemblage et les infrastructures logistiques de ces groupes pourraient en faire des partenaires de choix pour l’industrie de l’armement. Reste à savoir jusqu’où ces rapprochements iront, et à quelle échéance les premières collaborations concrètes verront le jour chez Mercedes-Benz.